Le minimalisme japonais dans mon nouveau chez moi

minimalisme japonais

En 2015, je vous parlais de ma découverte du minimalisme japonais, aussi appelé danshari (refuser-jeter-séparer). Je vivais alors dans un tout petit appartement et faire de la place était une nécessité vitale. Depuis, j'ai déménagé, et suis l'heureuse locataire avec mon mari d'un... 36 mètres carré. Il m'a alors fallu trouver un compromis entre rester fidèle à ma démarche de minimalisme et vie à deux.

Sans le minimalisme japonais, je n’aurais pas bien vécu mes premières années au Japon, à vivre dans deux studios, le premier de 21 m2 et le second de 26 m2 . J’avais non seulement mes affaires, mais je devais aussi garder les affaires de mon mari parti successivement finir son master en Russie puis en mission en ambassade en Ouzbékistan. Autant vous dire que l’espace au Japon, c’est une richesse !

Le minimalisme japonais ? Kezako ?

Déjà, je ne le vis pas à 100%. Pour cela, il me faudrait renoncer à la moitié de ma garde-robe, pas mal de bouquins, les miens  et surtout  ceux de mon mari. Parce que le créateur de chaos, à la maison, c’est plutôt lui !

Lorsque j’ai parlé la première fois de minimalisme, je me référais au mouvement dit « danshari » qui allie trois perspectives : refuser l’encombrement de nouvelles choses inutiles, être capable de jeter et se séparer du désir de possession.

J’applique très facilement les deux premières.

D’une part, j’aime l’esthétique d’une pièce épurée et d’un minimum d’objets sur un meuble. Je range et j’arrange de manière à ce que mon espace de vie puisse respirer et me laisser respirer. D’autre part, je n’ai aucune culpabilité à jeter. Le gâchis pour moi vient en amont : si cela me fait mal au coeur de jeter, pourquoi ai-je amassé en premier lieu ? Je le prends comme une leçon : pour ne pas jeter, il ne faut pas avoir. Je trouve facile de me débarrasser des vêtements ou des livres : il suffit de les donner ou de les revendre. Le reste, ma foi, ira au tri sélectif.

Le désir de possession, en revanche, c’est un sujet plus délicat. Ce désir est d’ailleurs lié à l’estime de soi et à notre égo. Posséder ce nouveau sac Chanel, ce tableau ou cette voiture de course, répond à un besoin d’affirmer, de mériter sa place dans la société. C’est ce que j’ai découvert en lisant l’excellent Imparfaits, libres et heureux: Pratiques de l’estime de soi de Christophe André. Une véritable claque que cet ouvrage !

Depuis plusieurs années, je fais cependant clairement la différence entre le désir d’avoir quelque chose et le besoin. Grâce à cette démarche entamée au Japon, je consomme réellement de moins en moins et je fais durer ce que je possède bien plus longtemps.

Mon mari, en revanche, n’a absolument besoin de rien. Il n’est pas attiré par les marques ou le besoin d’avoir tel ou tel objet. Si ça ne tenait qu’à lui, un pyjama, un costume et 20 paires de chaussettes suffiraient amplement pour une dizaine d’années. Jeter ou refuser de s’encombrer lui est plus difficile.

Gérer le minimalisme japonais à deux. Dans un studio. Avec un amoureux des livres.

Lorsque petit mari est revenu, nous nous sommes retrouvés à vivre ensemble dans le studio de 26 m. Avec le mari, c’est sa bibliothèque qui semble s’agrandir à la minute. S’ajoute tous ses costumes pour le boulot et tous les souvenirs accumulés au cours de ses séjours à l’étranger. Et le minimalisme, ça ne s’impose pas. Il m’a fallu m’adapter.

Heureusement que, livres à part, mon mari et le shopping ça fait deux. Malgré cela, j’avais le sentiment d’étouffer au milieu de nos affaires. Je faisais de grands tris, vidait un maximum de choses, jusqu’à atteindre la limite de ce dont je ne pouvais me séparer.

Me voyant lorgner d’un oeil torve vers la bibliothèque s’agrandissant régulièrement, il a opté pour une sage solution : nous trouver un nouveau logement. Cela nous a pris pratiquement 8 mois pour trouver un nouvel appart’, mais une fois le bail signé, ce fut plié en 2 semaines. Ouf !

Nouvel appartement, une oasis de zen.

Nous sommes les heureux locataires d’un palace, un appartement de 36 m. Notre cuisine salon est séparée de la chambre avec une paroi coulissante en verre dépoli. Cela laisse rentrer la lumière. Nous sommes dans un quartier très résidentiel, au coeur de Tokyo, et la chance que notre coin d’immeuble ne donne que sur des maisons.

Comme la plupart des appartements japonais, notre lieu de vie a des murs blancs et un parquet clair. J’y ai retrouvé un peu de paix et mon mari peut souffler pour sa bibliothèque. Une partie de ses livres sont dans un grand placard – tandis que ceux qu’il souhaite consulter dans l’immédiat sont à disposition sur notre étagère.

Un moyen de bien ranger nos affaires en prenant un minimum de place est ces grandes boites que l’on peut empiler. Certaines marques sont assez coûteuses, mais on peut en général les glisser un peu partout et gagner de la place. J’essaye de faire le tri au maximum afin que nous nous y retrouvions aisément.

Gérer le minimalisme japonais au quotidien

Le plus dur pour moi, c’est d’avoir des objets dont nous ne nous servons plus – ou quasiment plus, tout en sachant qu’ils ont coûté cher (dictionnaires électroniques, appareil photo) ou qu’ils peuvent avoir une valeur un jour (vieilles consoles) ou être encore utiles (mes livres de japonais). Sinon, il s’agit surtout pour moi de faire attention à garder mon appartement désencombré et de ne pas acheter des choses que je regretterai !

***

Mon appartement se compose d’une petite entrée, donnant sur deux placards, nos toilettes, la salle de bain ainsi que la cuisine.

 

Notre chambre peut être complètement ouverte sur l’espace cuisine, d’où l’importance pour moi de garder les deux espaces très propres et ordonnés.

 

 

La chambre est très lumineuse. J’adore ! Le balcon est un peu étroit, mais c’est parfait pour mettre le linge à sécher.

 

***

Le minimalisme – qu’il soit japonais ou d’ailleurs, est une philosophie et une manière de vivre qui encourage à se détacher du matériel, à consommer moins et à mieux respecter son espace. J’ai gagné en qualité de vie à moins posséder et à mieux apprécier le minimum, d’autant plus que l’espace à Tokyo est vraiment quelque chose de précieux. Mon mari n’est pas le moins du monde passionné par la question, mais heureusement, côté consommation, il est sur la même longueur d’onde. Je râle toujours un peu quand il ramène 10 nouveaux bouquins à la maison, mais je lui trouve toujours de la place !

ameliemarieintokyo

Née en 1988, dans la région nantaise, baccalauréat littéraire. Études juridiques: M1 droit économique communautaire et international, M2 Droit Maritime. DUT de Français langue étrangère. Addiction: littérature, journaux, cinéma (Ozu, Kurosawa), voyager.

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8 Comments

  1. Répondre

    Aud

    12 avril 2018

    Merci pour cet article, il m’inquiète et me rassure à la fois 🙂
    Nous emménageons à Tokyo dans deux semaines et même si nous sommes déjà assez minimalistes, nous passerons quand même d’un grand appartement de 60m2 à probablement deux fois moins… ce sera une vraie discipline de ne pas céder à l’encombrement tout en respectant l’amour des livres de Monsieur… j’espère arriver à un résultat aussi harmonieux que toi !
    Puis-je te demander pour quel quartier tu as opté ? (Tout en respectant ta vie privée, évidemment, c’est juste pour m’assurer qu’il fait bien partie des quartiers à creuser à notre arrivée !)
    Merci !
    🙂

    • ameliemarieintokyo

      12 avril 2018

      Merci beaucoup et… Bienvenu au Japon (en avance !). En effet, c’est une discipline. Si je peux donner un conseil, dans les premiers temps on a tendance à être émerveillé par plein de trucs et donc à « acheter » (en plus il existe des magasins à 100 yen ou vraiment pas cher, ce qui n’aide pas). Mieux vaut prendre le temps de souffler avant de faire trop d’achats !

      Pas de souci ! Je suis du côté de Ichigaya (mes stations sont Akebonobashi et Ichigaya) et j’a-do-re. Yotsuya est pas mal non plus. Avant j’habitais du côté de Nakai / Ochiai / Takadanobaba. Ce sont des coins moins chers de Tokyo, très central et vraiment chouette. Tout dépend de votre activité. Il est essentiel d’être prêt d’une gare clé pour vos trajets :).

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    Marjorie

    12 avril 2018

    Alors nous on vivait dans 30m2 à Lyon et on en pouvais plus. Faut dire c’était mal foutu. (cela étant, c’était une maison avec jardin dans une propriété close proche du métro alors ça va, on se plaignait pas trop). En arrivant à Osaka, bim 64m2 ! On est tellement bieeeeen ! Et effectivement on s’encombrer carrément moins. C’est tellement agréable de voir son parquet xD Malgré tout on est arrivé avec une valise par personne donc on s’est quand même fait plaisir en achat à 100yens, mais que des choses vraiment utiles donc ça ne se ressens pas dans notre intérieur.
    Par contre nous aussi on a une chambre qui donne sur le salon et fermé par des panneaux japonais, et franchement on déteste. C’est la chambre de notre fille parce que sinon la lumière nous empêche de dormir. Un vrai fléau ! Et ça ne coupe pas du son non plus alors si l’un veut dormir alors que l’autre souhaite continuer son film bah on la dans l’os. Nan vraiment c’est chiant. Si on avait pas besoin de cette pièce ce serait agréable de pouvoir ouvrir ou fermer le salon à loisir mais la… Raaaaah.

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    Pierre carl sur FB

    12 avril 2018

    Bonjour Amélie;
    C’est en effet petit 36m², mais c’est bien rangé et il y a le stricte nécessaire pour y vivre. Chez moi quand les poussières sont terminées d’un coté, je peux recommencer de l’autre.Merci de partager ton expérience.Amitiés. Pierre

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    Nolwenn

    12 avril 2018

    J’adore! c’est petit mais ça parrait grand! A coté mon 70m² parait encombré!
    Je vais aussi petit à petit vers le minimalisme et quelquechose qui m’a beaucoup aidé c’est un petit scanner portable (doxie en l’occurence): un moyen super facile et rapide de scanner les papiers. Et j’ai presque finis de tout scanner, ne gardant que les papiers vraiment necessaires (diplômes, contrats en cours etc…), en faisant ça j’ai vidé l’equivalent de 3 cartons d’approximativement 2500 feuilles (les boites de carton classique de feuilles blanches à imprimer) contenant factures, cours, reçus, vieux contrats, modes d’emplois..etc. Du coup je conseille grandement de passer au numérique les papiers! 🙂
    Sinon je me suis débarassée aussi de tout ce qui était uni-task et qui pouvait etre fait par un autre objet, notemment dans la cuisine. Sauf si l’instrument en question était utilisé tous les jours, ou facilitait grandement la vie… en fait selon moi… parceque comme tu dis le minimalisme c’est vraiment un choix perso, tu decides toi même ce qui est necessaire. Et pour certains les livres sont necessaires… pour d’autres ils optent pour une liseuse. Moi je suis comme ton mari.. j’arrive pas à arrêter les livres…. 🙂

    En tout cas continue comme ça c’est classe. Et j’adore ton blog au fait 😉

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    japankudasai

    12 avril 2018

    Tu as raison de garder les veilles consoles, elles valent déjà cher au Japon, mais c’est de l’or si tu les revends en Europe ! Je trouve que la notion de minimalisme est assez contradictoire avec la société (urbaine) japonaise qui pousse à fond à la consommation. Moi qui suis plutôt proche de mes sous (limite radin ^^ !) en France, j’ai envie d’acheter plein de trucs au Japon.

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    Tobudim

    13 avril 2018

    Cet appartement me fait rêver, ce minimalisme et cette luminosité me touchent. Hop je vais en toucher deux mots à ma chérie et je vais réfléchir à faire un bon ménage chez nous aussi !

    … Mais elle range sans regarder et notre chat mets ses poils partout. Non ça va, je vais réussir !
    Haha, et trop mimi l’arbre de mots. 🙂
    Merci pour le partage, et le livre dont tu as parlé a filé dans ma wishlist.

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    Cleopiti

    13 avril 2018

    Bonjour Amélie,
    J’ai découvert DANSHARI il y a quelques mois, après avoir découvert Dominique LOREAU, et Marie KONDO il y a quelques années et bien avant que la vague du minimalisme déferle en France.
    Sûre que les surfaces habitables au Japon nécessite d’être rigoureux !
    Perso, ce que j’aime dans le minimalisme ce sont les valeurs qui s’y rattachent et je me définie comme une maxi minimaliste (ayant de la place, je peux garder ce que j’aime!) et je continue néanmoins à désencombrer et n’avoir que des objets me procurant de la joie.
    Merci aussi pour ce partage.
    Belle journée.

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