Nouvelles de Tokyo et lectures de l’été

Lectures de l'été

Le mois de juillet a été passablement pénible à Tokyo, la saison des pluies ayant été longue et assez fraiche. Puis, comme toujours, du jour au lendemain, l’été japonais nous a frappé de plein fouet – +10°C et un soleil de plomb de 4h30 à 18h. Passées les 3 premières lessives qui sèchent enfin, la joie de revoir un ciel bleu cède vite à l’angoisse d’étouffer dans le sauna qu’est devenue Tokyo.

Vélo-boulot-dodo

Dès le matin, le soleil brûle l’asphalte et j’ai repris mon habitude de partir très tôt au travail, afin d’éviter de le risque de tourner de l’oeil à l’arrivée.

Au bureau, la bataille de la clim fait rage entre les tenants de la glaciation et les défenseurs d’un usage modéré de la climatisation. Le problème c’est que nous avons tous accès au panel de contrôle, à l’entrée.

Je peux tout à fait concevoir que, pour qui vient tout juste d’arriver dégoulinant de sueur, la peau rouge écarlate et les vêtements collés à la peau, la tentation de balancer un bon 23°C soit forte. Mais, à défaut de penser à l’environnement et aux économies d’énergie, ce serait pas mal de penser aux collègues bleu.e.s comme des schtroumpfs qui, ironiquement, se retrouvent à porter des gilets en août. 

Conversations avec le Japon

Je réalise que je délaisse ce blog bien trop souvent, à mon grand regret d’ailleurs (où faut-il signer pour avoir le temps et la liberté d’écrire tous les mois et avoir de l’argent magique sur son compte en banque ?). Cependant, avec cet autre blog, sur lequel je tâtonne encore à trouver le ton et le style, je me suis engagée à écrire toutes les semaines. Retrouvez donc en un résumé bref pourquoi je suis partie au Japon ainsi qu’un petit topo sur la visite médicale du travail

J’oubliais… 

Vous pouvez aussi me lire sur GaijinPot Blog, rubrique Tweet de la semaine avec déjà une quarantaine d’articles. J’ai aussi eu la chance de rencontrer Yumi Ishikawa, la féministe japonaise derrière le mouvement #KuToo et mon entretien est en ligne sur Savvy Tokyo. Avec un peu de chance, j’obtiendrai la permission de le traduire en français. 

Le mari 

Depuis qu’il a annoncé sa démission, mon mari reprend du poil de la bête. Des projets plein la tête, il participe à une compétition de projet de start up pour le fun, fait du volontariat pour aider les étrangers d’Asie centrale vivant au Japon, étudie pour entrer dans une école de programmation. Pas de plan précis sur le long terme, mais à court terme, souffler me parait déjà pas mal. 

Évidemment, pour l’économe que je suis, l’idée de vivre sur un salaire a de quoi donner des maux de tête. Je réalise à quel point l’argent, mais surtout, la peur du manque peut peser dans nos vies et nos prises de décision. Je crois que je caresse aussi le rêve de tout plaquer pour me former professionnellement à la rédaction web, en particulier en anglais. Néanmoins la perspective de ne pas avoir de salaire a de quoi m’effrayer. 

Cette crainte, je ne veux surtout pas lui communiquer, car je souhaite qu’il profite pleinement de cette reconversion et trouve une voie qui lui plaise.

Je vous jure que ça me tuait de voir cet homme si attentionné envers les autres, avec un niveau d’empathie rare pourtant bien nécessaire en entreprise, patient et compétent, se faire maltraiter de la sorte

Lectures de l’été

Ayant soudainement eu un besoin de faire un gros break les écrans (d’où des articles au compte goutte), je me suis mise à dévorer des livres. Ma liste de livres était déjà plutôt longue, mais j’ai trouvé le moyen de la rallonger.

Bons plans de l’été pour les étrangers résidant au Japon, la librairie Kinokunia tient chaque année une foire des livres en langues étrangères (Tokyo & Osaka). Grosso modo, deux semaines pendant lesquelles une sélection de livres en anglais, français, allemand, espagnol… sont à moitié prix. C’est une bonne occasion pour refaire le plein ! 

En parallèle, j’ai (re)découvert la bouquinerie solidaire organisée par l’association Français du Monde Tokyo. C’est un rendez-vous donné aux francophones les deuxièmes et quatrièmes dimanches de chaque mois. La quantité et la variété de livres qu’on y trouve est incroyable.

J’y ai déniché de quoi satisfaire mes envies de littérature, sciences humaines mais aussi de polars.  Au passage, j’ai appris qu’il était possible de ramener (en quantité raisonnable), mes vieux livres pour les donner à l’association.

Option pour les motivé.e.s, la bouquinerie solidaire cherche des volontaires.

Kay Scarpetta

Après ma razzia à Kinokunia, j’ai lu pour la seconde fois un bouquin  de Patricia Cornwell, All that remains, n°3 de la série de romans policiers Kay Scarpetta. Ironiquement, le premier que j’ai lu, Chaos, est le dernier publié (n°24). Je me suis donc attelée à la tâche de lire les 22 tomes restants cet été, en version originale.

Une tâche considérablement facilitée par la numérisation des livres (vive les liseuses). J’ai remonté le temps et passe mes soirées et weekends dans les États-Unis des années 90, plus exactement en Virginie. Si vous aimez les romans policiers, j’en recommande vivement la lecture. 

Mais j’ai aussi lu entre autres

Sortie Parc, Gare d’Ueno de Yu Miri, qui m’a considérablement marquée tant par le style, que par le message de l’auteur.

C’est un petit livre de 176 pages dévoré en 2 heures que l’on ne peut reposer sans être songeur. L’histoire touchante évoque la condition des SDF de Tokyo, la pauvreté mais aussi le tsunami de 2011. C’est un roman poétique qui par petites touches, offre à découvrir la culture japonaise ainsi que cette misère que l’on ne veut pas voir, que ce soit au Japon ou ailleurs. 

Et 

Debout les morts par Fred Vargas, dévoré là aussi en une journée tant l’intrigue tient en haleine et le roman bien écrit – sans compter des personnages drôles et attachants. J’ai découvert (et suis devenue fan de) Fred Vargas avec Pars vite et reviens tard, second tome dans sa série mettant en scène le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. 

Et puis

Les chiens et les loups de Irène Némirovski, dont j’aime beaucoup la plume, que j’avais découverte avec son livre autobiographique Le Vin de solitude. Histoire d’exil, de passion brisée et de destin tragique, c’est un roman qui se lit d’une traite avec peut-être une boite de mouchoirs à portée de main.

Et bien d’autres !

N’hésitez pas à partager avec moi vos lectures de l’été, je suis toujours ravie d’allonger ma liste de livres.