Vous n'arrivez pas à caser vos révisions dans vos journées chargées et désespérez d'être prêt à temps pour le JLPT ? Moi aussi. Ces dernières semaines, j'essaye de prendre une bonne habitude : celle de réviser le japonais quelques minutes avant de dormir.

Après avoir abordé la préparation du JLPT dans un précédent article, j’ai réalisé que je n’avais que peu abordé la question de mes révisions en pratique. Parmi toutes les méthodes qui m’aident à étudier, la plus efficace jusqu’ici est de réviser le japonais avant de dormir. 

Je révise, tu révises, nous révisons…

Certains jours, je suis optimiste et j’ai la pêche pour réviser le japonais en prévision du N1. D’autres jours, j’ai carrément le moral dans les chaussettes, pleurnichant auprès du mari à coup de « non mais y a trois millions de kanji, je n’y arriverai jamais ». Sa seule et unique réponse à mes problèmes de révision est « mais écris donc un texte de 500 mots par jour, je te corrige et voilà ». 

Il me faut déjà une demi heure facile lorsqu’il s’agit d’un email au boulot et que je suis en terrain connu, alors me rajouter du texte sur la planche ne m’enthousiasme guère. 

Je me dois d’ajouter que mon école de japonais nous faisait écrire des textes une fois par semaine et que ça ne m’a que moyennement marquée sur le long terme. 

Out donc, la technique du mari (en prime, tout le monde n’a pas un mari autocorrecteur à sa disposition). 

Réviser le japonais sans s’arracher les cheveux, c’est possible ?

Très certainement, très certainement (l’autosuggestion, y a que ça de vrai). Je l’abordais dans mon article, mais selon votre type de mémoire, vous n’apprendrez pas de la même manière que moi. Peut-être aurez-vous besoin d’écrire, de lire, de faire des schémas ou encore d’organiser le tout logiquement. Ce dernier point est mon cas. 

Organiser le savoir

Lorsque je regarde une page de manuel disons de grammaire ou de vocabulaire, j’y vois des blocs logiques : le point de grammaire, le mot à savoir, suivi de l’exemple et éventuellement un point additionnel pour aller plus loin. Et tous ces blocs s’enchaînent, un nouveau point de grammaire, un nouveau mot… 

Mon cerveau est très fort pour retenir l’organisation de la page. Plus j’y vois des lignes – typiquement des tableaux, et des cases à cocher, mieux je m’y retrouve. Puis, l’organisation d’un chapitre, puis la cohérence des chapitres entre eux. Conséquence de quoi, il m’arrive de retrouver un mot rien qu’en réfléchissant au chapitre du livre, le numéro de la section, le mot précédent et le mot suivant dans la liste. 

Je récite dans l’ordre, puis dans l’ordre inverse, puis je mélange le tout, afin de ne pas me coincer avec une mémoire linéaire (« attends, après ce mot, c’était quoi qui suivait ? Zut, j’ai perdu le fil… »). Cela demande une concentration phénoménale (vous êtes prévenus) ainsi que le silence le plus complet possible. 

Il m’arrive d’écrire, mais très peu et très mal. Si j’essaye d’être soigneuse, j’oublie en général immédiatement ce que j’ai noté ! Dans l’idéal je fais tout, absolument tout de tête. 

La technique : pour chaque mot, chaque point de grammaire, chaque kanji, mémoriser UN exemple et se faire un classeur mental (écrit, pour ceux qui aiment l’écrit) de tous ces exemples.

Décortiquer le savoir

Apprendre pour apprendre ne me mène pas loin. Je dois aussi me forcer à décortiquer ce que je mémorise. Cela passe bien souvent par me parler à voix haute. Je retourne le point de grammaire, je cherche à le traduire, à créer mes propres exemples et à le lier à d’autres points de grammaires. Le japonais a beaucoup d’expressions pour dire la même chose, mais de manière plus ou moins polie. 

Décortiquer est crucial car, même si de tête, je ne serai peut-être plus capable de retrouver un point de grammaire d’ici 5 mois, si je le vois à l’écrit ou l’entends à l’oral, je le reconnaitrai.

Il en va de même avec le vocabulaire, auquel cas, il s’agit plutôt de faire des associations d’idées. 

La technique : croiser les informations de plusieurs manuels pour avoir différentes approches, rechercher les mots dans le dictionnaire japonais, avoir un dictionnaire des expressions japonaises. 

Re-réviser encore et encore et encore et… 

Apprendre peut paraître ingrat tant il faut revoir encore et toujours en sachant que notre mémoire est vivante, oublieuse et capricieuse. Je suis parfois désespérée de ne pas avancer plus vite dans mes livres avec mes retours arrière pour vérifier que la précédente fournée de savoir est encore tiède. 

La technique : dans ma semaine de révision, je me cale toujours un jour où je repasse sur ce que j’ai précédent étudié, quitte à juste relire un chapitre ou refaire un exercice. 

Tester votre savoir, vous devez.

Que seraient des révisions sans exercices ? Poussières de vos efforts. Les exercices sont l’occasion de vous planter et de retenir que justement, vous avez pris une sacrée gamelle. Je me rappelle en général très bien des questions sur lesquelles j’ai fait des erreurs. Un moyen comme un autre de garder en tête encore plus de points importants. 

La technique : refaire un exercice plusieurs fois de suite doit indiquer votre progrès. Si vous tombez trois fois de suite dans le même panneau, c’est que vous n’avez pas bien assimilé ce point. Mémorisez donc la questions et la bonne réponse !

Bon, c’est très bien tout cela, mais tu nous parlais de dormir ? 

Réviser le japonais avant de dormir THE ULUTIMU TEKKUNIKU ! 

Encore fois, je n’ai pas inventé l’eau chaude avec ce conseil, mais sérieusement… Révisez avant de dormir ! Vous n’avez pas eu le temps d’étudier aujourd’hui ? Ce n’est pas la mer à boire, ce qui compte ce n’est pas d’étudier beaucoup d’un coup, mais un petit peu régulièrement. Et le soir c’est THE moment idéal pour mémoriser. 

Bon, par réviser avant de rejoindre les bras de Morphée, j’entends… Revoyez un ou deux points de grammaire, récitez 3 ou 4 phrases ou faites un mini exercice.

Si vous y passez plus d’une demi-heure, c’est que vous n’étiez pas sur le point de dormir, l’esprit détendu, bien au chaud sous la couette. Or c’est exactement à ce moment-là que votre cerveau est chaud patate pour bien retenir (retenir, mais pas faire turbiner les neurones !) de nouvelles informations. Il ne faut alors pas être trop ambitieux et éviter de vous taper une liste longue comme le bras.

Optez mini pour en retenir un maxi !

(Je sens que je tiens un slogan.)

D’ailleurs, si apprendre en dormant fut une théorie séduisante depuis rejetée par plusieurs études sérieuses, en revanche il a été prouvé à plusieurs reprise que réviser le soir et enchainer avec une bonne nuit de sommeil favoriserait la mémorisation d’une langue étrangère. 

Cela reste mon expérience personnelle, mais lorsque je me réveille, je me rappelle de tous les mots revus la veille. Je fais alors un effort pour rapidement me les réciter avant de sortir du lit et partir pour une nouvelle journée de révision… 

 

(Réviser le japonais pour le JLPT ou le bac même combat.)

 

Et vous, quelles sont vos techniques de révision ? 

 

 

ameliemarieintokyo

Éditeur web basée à Tokyo depuis 2013, travaillant dans la communication et le marketing. Passionnée d'écriture, de nature curieuse et sensible, j'apprécie particulièrement de mettre en scène mon quotidien nippon et de partager mon expérience de la société japonaise.

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4 Commentaires

  1. Répondre

    Rill in Japan

    4 mars 2019

    Quelle organisation !
    J’adore apprendre, mais je déteste étudier.

    Je n’ai jamais vraiment revisé pour le JLPT : je décide d’y aller au « niveau naturel ». Ce qui s’ignifie qu’au lieu d’apprendre des liste de vocabulaire et des points de grammaires à la pelle, je fait ma vie et je passe les examen au fur et à mesure. Cela a bien fonctionné jusqu’a N2.

    Par contre le N1… déjà deux échecs, même si mon niveau a augmenté entre temps. On vera si on fait mieux en juillet 😉

    • ameliemarieintokyo

      8 mars 2019

      Salut ! Merci 🙂 (elle ne tient pas le coup tous les jours mon organisation, ah ah). J’aime bien aussi ton approche et ta philosophie qui au final est celle qui est la plus naturelle (arriver à l’examen non pas en ayant bachoté mais en ayant pratiqué la langue). Pour le N1, par contre, je crois que le souci c’est que beaucoup de points de grammaire (et le vocabulaire) ne sont pas fréquents et du coup, si tu n’as pas l’occasion de les employer au quotidien, ben ta mémoire fait vite le tri ! Certains points de grammaire que j’ai étudié, je les entends à la télé ou je les retrouve dans les bouquins, mais les plus « katai » d’entre eux, hormis l’exemple du manuel, nada, peanuts, rien à l’horizon (et je les oublie très vite :'(( ).

  2. Répondre

    Veronik

    27 février 2019

    Bonjour Amélie
    Je suis émerveillée devant toutes ces stratégies. Je suis même émerveillée tout court face à l’apprentissage d’une langue tellement éloignée de la nôtre : les sons, les constructions de phrases certainement très différentes, les caractères, les nuances subtiles et, même peut-être, à peine perceptibles, pour une oreille occidentale…
    Bravo pour cette maîtrise !!

    • ameliemarieintokyo

      28 février 2019

      Bonjour Veronik, merci beaucoup de votre très gentil commentaire.

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