Promis, je vous livre enfin la conclusion de ce mariage à Okinawa. Après une cérémonie digne de la 4ème dimension, nous nous rapprochons plus d'un terrain connu avec une réception très classique - quoiqu'à la seconde près et une seconde soirée beaucoup plus détendue.

Ce récit, bien que très personnel et inspiré de mon expérience réelle, est écrit de manière volontairement exagérée et n'offre au regard du lecteur qu'une vision des évènements : celle que l'on peut avoir lorsque l'on est un poisson d'eau douce en plein océan !

Nous entrons dans la grande salle de réception alors que les employés de l’hôtel accomplissent les derniers préparatifs. Premiers arrivés, c’est avec timidité que nous nous avançons au milieu des tables rondes dressées de nappes couleur grenat. Heureusement, nous avions repéré nos noms sur le plan de table affiché à l’entrée, sinon nous aurions pu errer un moment entre les chaises à lire les étiquettes disposés à côté de chaque assiette.

Une salle de réception tirée à quatre épingles

Les tables sont très soignées, des serviettes pliées en forme d’oiseau sur les assiettes, un nombre impressionnant de couvert s  et des chaises couvertes de soie blanche. Sur ces dernières ont été déposés de modestes petits sacs en papier. Ce sont les cadeaux offerts aux invités. Certains sont accompagnés d’un paquet un peu plus conséquent, remerciements supplémentaires envers les invités qui auront pris le temps de donner un coup de main. Bien que très curieuse, je glisse mon petit paquet sous mon siège sans y jeter un oeil. Ce ne serait guère poli, alors que déjà d’autres invités s’installent et que les serveurs nous proposent des rafraichissements. Bière, jus d’orange ou thé glacé nous sont offerts à volonté.

Le mari, assis face à son couvert (il ne le restera pas longtemps au demeurant), les yeux écarquillés, semble tel un cerf pris dans les phares d’une voiture.

« – Amélie… psst, Amélie, tu me diras dans quel ordre utiliser les couverts !

– Euh… C’est que je n’en sais pas tellement plus que toi, lui dis-je en haussant les épaules, je crois que c’est un truc du style de l’extérieur vers l’intérieur ? ».

Une retrouvaille sympathique

Ma voisine de droite vient d’arriver à notre table. Son visage, rond avec une mâchoire assez carrée et un petit nez, me dit bien quelque chose… Ah ! C’est une amie de la mariée, croisée lors d’une soirée à Tokyo. Elle a une voix fluette et cache sa nervosité avec de petits rires. Alors qu’elle engage la conversation, mes neurones tournent à plein régime pour retrouver son prénom (peine perdue… appelons la K.).

« – Je suis vraiment contente d’être assise à côté de vous, me dit-elle, à deux doigts de taper dans les mains de joie, je suis venue ici toute seule et je ne connais vraiment personne.

C’est à mon tour de rire et dans un japonais assez approximatif je lui réponds que je ne connais pas grand monde non plus. C’est fou comme la complicité part de petits riens.

– Est-ce que vous irez à la soirée après la réception ?

… La soirée ? Rappelez-vous, nous avions oublié à Tokyo nos cartons d’invitation avec le détail des festivités.

– Je suppose oui, dis-je en glissant un regard vers mon mari qui fait le clown avec ses copains d’université. Ils ont déjà commencé à descendre des bières. Effectivement, je nous vois bien partis pour rejoindre la seconde soirée.

– Cela vous dérange si je reste avec vous ? C’est que toute seule, je n’oserai sans doute pas m’y rendre. Mais je ne voudrais surtout pas vous embêter, comme vous êtes en couple. »

Sa franchise est très agréable et à défaut de me remémorer le nom de K., je me rappelle à quel point elle est gentille et drôle. Bien sûr, la rassurais-je de tout mon possible, avec un grand sourire, tentant par la même de traduire la maxime « plus on est de fous, plus on rit ». Un brouhaha a envahi la salle de réception. Presque tous les invités se sont installés. À notre table sont assis des amis plus ou moins proches du couple, notamment Y. avec qui j’avais bien accroché quelques heures auparavant.

Triple vérification de mes allergies

Sorti de nul part, un serveur très sérieux dans son costume noir se penche vers moi avec un menu en main. Je ne saisis pas immédiatement ce qu’il cherche à me dire, mais mon mari vole à ma rescousse. Il s’agit, pour le restaurant, de confirmer une dernière fois mon allergie aux crustacés et de m’expliquer quels sont les plats de remplacement que je reçois. Un menu spécial a été imprimé à mon attention.

De surcroit, me dit-il d’un air concerné, mes plats ont été concoctés à part en cuisine afin de ne prendre aucun risque de proximité avec les allergènes communiqués lors de la confirmation de notre venue. Il ajoute enfin que je les recevrais en premier. Les plats des autres seront apportés sur de grands plateaux déposés sur le centre de table tournant, permettant aux invités de les saisir sans peine.

Qu’ils sont beaux les mariés.

Un désagréable grésillement de micro fait tourner toutes les têtes vers une petite estrade quelques tables plus loin, à proximité du canapé sur lequel seront assis les mariés toute la soirée. Un ami du couple annonce leur entrée dans la salle de réception. Nous sommes invités à nous lever et nous tourner vers l’entrée pour les saluer.

Voilà les mariés, rayonnants. A. tient son mari par le bras. Ils avancent lentement, majestueusement au milieu de toutes ses tables et s’inclinent devant chacune d’elle. Mon coeur fond un peu, car enfin l’émotion fait son bout de chemin après cette étrange expérience de la chapelle à la japonaise. Alors qu’ils se dirigent vers le canapé d’où ils peuvent voir tous les invités, les serveurs se pressent pour nous servir des coupes de champagnes.

Fallait le boire pronto, ce verre.

Vient le moment de trinquer à cette union. J’ai des étoiles dans les yeux à voir les jolies bulles dorées danser dans mon verre. Ce premier kanpai joyeux annonce aussi l’arrivée des entrées. Je repose mon verre après une gorgée. J’adore le champagne, mais il me rend mal mon adoration si je le bois trop vite. Aussi, je prévois de faire durer le plaisir de mes papilles en le sirotant tranquillement. Je me penche sur ma droite pour mieux entendre ce que me dit ma voisine et ne fais pas attention à ce traître de serveur qui, sur ma gauche, attrape lestement mon verre plein et le repose sur son plateau. Tranquille, le gars.

– Bah… Mon verre…

On doit clairement lire la confusion de voir mon verre plein s’envoler sur mon visage, car mes voisins les plus proches se mettent à rire de ma déconfiture.

Réception-marathon : émotion, humour et couleurs locales

Vous vous en doutez, la réception suivait un programme bien précis et imprimé à côté de notre menu. Les festivités ont débuté avec un diaporama, courtoisie de l’hôtel, pour présenter les deux époux et leur famille. Imaginez le croisement d’un Power Point de Robert à la dernière réu’ et d’un C.V. à l’ancienne avec groupe sanguin et signe astrologique. Puis, la meilleure amie de la mariée (depuis le lycée) enchaîne avec un discours la voix étranglée par l’émotion, tandis que le meilleur ami de M., part lui dans le registre de la blague potache et des jeux de mots auxquels je n’ai pas vraiment prêté attention, ce qui sembla beaucoup le chagriner par la suite…

Entre les deux discours, session photo avec les mariés pour chaque tablée. Vient notre tour et nous nous levons pour aller nous tenir debout, sur la petite estrade, autour du couple assis sur le canapé. Alors que revenus à nos chaises et fourchette en main nous nous apprêtions à enfin attaquer les hors d’oeuvre, notre attention est de nouveau sollicitée. L’écran de projection utilisé pour le diaporama est descendu.

Instant eureka pour moi qui comprend enfin le manège de cet après midi. Notre ami H. et son achat de CD vierges, notre compagnon de trajet et son lourd ordinateur portable… Ils peaufinaient un montage vidéo à la dernière minute !

Une parodie NHK pour mettre le feu !

Une bonne partie de nos amis travaillent pour les médias japonais (télévision, presse). La mariée étant en particulier une directrice de production pour la NHK, ils ont voulu lui faire un très joli clin d’oeil. Le cameraman, et instigateur du projet, a pris une semaine entière de congés pour se rendre à Okinawa afin de tourner une parodie reportage sur le mariage de ses amis. Lui et quelques copains sont allés dans les rues de Naha, avec caméra et micro, interviewer des complices (amis, familles), leur demandant leur ressenti sur cette union, leurs opinions et réactions. Tout y était. L’excitation du reporter qui relate le scoop du siècle, le sous-titrage coloré, les effets sonores, les maquettes en carton typique des JT à la japonaise. Les rires et applaudissements ont été à la hauteur de cette chouette réalisation. Bluffant.

La culture est au rendez-vous.

La culture de l’île fut aussi mise à l’honneur avec la participation des étudiants du cercle culturel de l’université locale. Ils sont venus jouer d’instruments de musique et représenter des danses et chants traditionnels sur la grande scène de la salle. Les représentations ont ponctué le repas – que nous tentions tant bien que mal de manger avant que les serveurs trop zélés nous reprennent les assiettes.

Qu’ils sont beaux les mariés (bis).

Au cours de la réception, les mariés se sont éclipsés pour se changer. Je dois dire que leurs secondes tenues à l’occidentale, blancs et décorés de motifs traditionnels d’Okinawa, étaient époustouflants. Leur retour annonçait par ailleurs la « pièce montée » et le découpage du « gâteau » de mariage. Le repas ne m’ayant guère emballée, je me demandais si nous allions avoir un dessert très classique… Lorsqu’une montagne de fromage fit son apparition, savant arrangement de camembert, meule de gruyère, énorme mimolette et autres pièces de choix, entourées de feuilles et de grappes de raisins en plastique.

La mariée, nous annonce-t-on, raffole de fromage. Aussi, a-t-elle choisi de partager sa passion avec ses invités. « Plutôt que de découper un gâteau, le couple coupera une énorme meule de gruyère ». Les mariés prennent la pose, couteau en main et nous sommes invités à nous approcher afin d’immortaliser cet instant en photo. Pour le coup, je ne me fais pas prier et je me précipite pour voir cela de plus près. Des mariés japonais qui coupent une meule de fromage, on ne voit pas ça tous les jours.

Point de meule pour mézigue.

Certes, ils ont tranché leur beau fromage. Mais les invités n’auront pas l’occasion de goûter à la montagne. L’hôtel a préparé des petites coupelles, une par personne, avec trois tristes micro bouts de fromage (camembert et mimolette). Nous devons nous mettre dans une file pour récupérer notre butin, car le couple est chargé de servir à chaque invité un verre de vin blanc. À ma vue, la mariée s’exclame qu’elle doit faire honneur à la française de service. Je me retrouve ainsi avec un verre de vin (littéralement) à ras bord et les joues rouges. Car le photographe, ce traître, a bien évidement choisi d’immortaliser cet instant.

Réception

Je reviens néanmoins très satisfaite à ma table, d’autant plus que mon mari, généreux, et ma voisine, boudant les laitages, me refilent leurs coupelles. Le fondant au chocolat est servi et déjà les serveurs commencent à débarrasser la salle. Cela fait à peine une heure et demie que nous sommes là, mais à 20 heures pétantes, c’est tout le monde dehors.

Les mariés nous invitent à conclure la réception en dansant la java sur la scène. Ils nous enseignent en deux trois minutes les gestes d’une danse traditionnelle célébrant les unions à Okinawa.

 Réception

Une deuxième partie de soirée bien allumée !

À peine le temps de dire ouf que nous sommes invités à quitter les lieux. Mes deux verres de vin blanc (j’ai sifflé en plus du mien celui de mon mari qui a le vin en horreur) m’ont bien réchauffée. Je suis plus que partante pour remettre le couvert avec les djeunes. Les familles, qui n’ont pas lâché un sourire de tout le repas, ne nous accompagnent pas.

Je suis mon mari, ma voisine m’emboîte le pas, et nous attrapons tous les trois un taxi devant le lobby de l’hôtel. Direction le centre ville, plus précisément la Kokusai Dori. Les mariés ont réservé un petit bar, chaleureux, avec de grosses tables en bois et une déco à mi-chemin entre les indiens d’Amérique et le psychédélique. Les escaliers sont raides et je me fais la réflexion prémonitoire que forcément quelqu’un va les dévaler sur les genoux au cours de la soirée. 

Trinquons !

Nous devons payer (environ 6,000 yen pour moi et mon mari) avant de commencer à commander. Le menu offre alcool à volonté et une énorme marmite de soupe au curry dans laquelle flotte des petites cuisses de poulet mijote sur un petit réchaud. À côté des plateaux de chips tortillas et des sauces sont alignés avec des petites assiettes en papier et des baguettes jetables. J’ai l’estomac dans les talons, aussi je me sers après avoir commandé un verre de cassis-orange, un cocktail un peu alcoolisé. J’aurais préféré un peu d’alcool de prune, mais l’option n’est pas offerte sur le menu à volonté.

Le bar se remplit. Presque tous les gens de notre âge ont rejoint cette seconde partie de soirée. Nous sommes bientôt tous plus ou moins attablés par petits groupes. Les mariés ne sont pas encore là, car ils devaient de nouveau se changer, cependant ils ne tardèrent pas. Un dernier discours, et enfin les voilà libres d’aller parler à leurs amis. L’ambiance est très animée, bien que les grosses tables en bois ne soient pas très pratiques pour tenir des conversations à plusieurs. Pour moi qui suis sourde comme un pot dès que le volume sonore augmente un peu, incapable de lire le japonais sur les lèvres, c’est d’abord un peu l’isolement. Le mari, lui, discute à droite à gauche, pendant que je garde le sourire et observe l’animation.

T’as compris mes blagues ?

Le meilleur ami du marié, R. s’assoit en face de moi et entame la conversation. Plus particulièrement, il cherche à savoir ce que « j’ai pensé de son discours et de ses jeux de mot élaborés ». Je n’en ai absolument aucun souvenir et j’ai bien du mal à me dépatouiller du sujet avec tact. Je ne sais plus trop comment la conversation s’est goupillée, mais ma gentille voisine (K.) a fini par dévier l’attention sur autre chose. Une chose en entraîne une autre et voilà que je raccroche les wagons alors qu’ils se présentent. Lui est doctorant à l’université de Kyoto, elle, et je suis à deux doigts d’en tomber de mon tabouret, est analyste financière. Elle travaille à Nihombashi, le quartier des affaires et de la bourse à Tokyo. Mazette, je siffle en mon fort intérieur, c’est carrément la classe.

Alors, ça fait quoi d’être mariée à un japonais ?

Je cesse d’écouter leur conversation car Y. s’installe à côté de moi. Comme pour beaucoup de japonais, quelques verres suffisent pour briser la glace. C’est un moulin à questions un peu plus intimes. « Et à la maison, qu’est-ce qui t’énerve chez ton mari ? ». Je parle des heures supplémentaires et de son retour tardif du travail, trop souvent à mon goût. Je vois que mon auditoire de japonaises mariées (plusieurs jeunes femmes se tiennent debout à nos côtés) ne me suit pas. C’est tellement la norme ici qu’elles ne voient pas ce que j’y trouve à redire (au contraire, je suis débarrassée de l’homme, c’est bien pratique !).

J’enchaîne avec un stéréotype qui marche toujours. « L’homme (japonais) dis-je, me rend folle à laisser traîner ses vêtements sales par terre ». Je renchéris avec le classique « j’ai pourtant un panier à linge sale, mais je retrouve ses chaussettes et ses caleçons à côté ». Gros succès, les personnes qui m’écoutent hochent vigoureusement la tête en signe d’assentiment. Elles aussi, ont le même « modèle » à la maison.

En mon for intérieur, je m’en veux de tomber dans le panneau du stéréotype. Les hommes sont comme ci, les femmes comme ça, les hommes font ci et les femmes sont à la cuisine. C’est surtout une question d’éducation et de personnalité. Mais ce n’est pas lors d’une petite soirée au Japon, où le rose c’est les filles et les bleus les garçons, avec mon japonais bancal, que je vais m’aventurer sur ce délicat terrain.

Le casseur de plan !

Y. s’envole vers un autre groupe et mon mari, lui, daigne enfin nous rejoindre, ainsi que H. . Et je dois dire que H. casse de manière spectaculaire la drague à moitié réussie de R. . J’en reste bouche bée devant ce tacle d’enfer.

Alors que j’avais le dos tourné, R. s’était enquis du voyage de K. Comme nous, elle ne repart pour Tokyo que lendemain soir, tard. C’est son premier voyage à Okinawa. Elle a bien envie de jouer la touriste, seulement, elle ne sait pas trop quoi voir en priorité. R., né à Okinawa et baroudeur, lui explique que le mieux pour gagner du temps, c’est encore d’être guidée par un local et d’avoir une voiture. Je ne sais pas si c’est par politesse ou par un intérêt réel, mais K. semble prête à accepter la proposition. Ce serait effectivement très pratique. D’ailleurs, il me propose à moi aussi de faire partie de cette expédition. Je décline l’invitation (« avec regrets ») car « nous avons déjà en tête des activités » (du tout, mais je n’ai pas franchement envie de bouger). L’un dans l’autre, je crois que ça l’arrange un petit peu…

Débarque donc mon mari et H. qui découvrent le projet de K. et R. de se balader en voiture. H. en bon salaud, commente que « tout de même, R. n’insiste pas trop. C’est un peu embarrassant pour une jeune femme seule de partir avec un garçon louche qu’elle ne connaissait pas quelques heures auparavant ! Ce n’est même pas très sûr de faire cela, pour elle. » Malaise à la tablée. K. rit nerveusement, et R. très embêté, rougit et se rétracte. « C’est  vrai qu’emmener une fille tout seule… Si encore on était un groupe… ». Mon mari lui, totalement à côté de la plaque acquiesce vigoureusement. Moi, je suis un peu outrée. C’est oublier qu’au Japon, l’amitié fille – garçon est un sujet toujours un peu délicat.

Et bim !

Je tombe de sommeil. J’en suis au stade où je ne comprends plus rien de ce que l’on me dit. Je n’ai même plus la force de faire semblant. Aux environs de 1 heure, on se décide enfin à partir et Y. et K. proposent de partager un taxi. D’autres personnes se joignent à nous pour sortir du bar, notamment une japonaise toute fluette haut perchée sur ses talons.

Alors qu’elle commençait à descendre les escaliers à ma suite, elle trébuche. Tente de récupérer son équilibre, finit les dernières marches sur les genoux. Elle le fait avec une certaine grâce. Si tant est que l’on peut préserver sa dignité tout en se cassant la gueule. Et je suis frappée par son attitude kawaii. C’est sans doute ce talent qu’ont les femmes japonaises que de se sortir de l’embarras en jouant les poupées un peu fragiles et visiblement, cela marche. De l’autre côté de la rue, assis à la terrasse d’un autre bar, un groupe d’hommes a observé la scène. Pas de rires gras, mais plutôt des sourires compatissants et des « elle est mignonne la petite dis donc », « oh la pauvre, elle a dû se faire mal »…

Clin d’oeil final 

Il est minuit passé alors que nous rentrons enfin chez nous après avoir pris le taxi depuis l’aéroport. Je lance les clefs sur la table et repère les cartons d’invitation oubliés sur l’étagère. Je les attrape pour les jeter, mais je jette un dernier coup d’oeil à ce qu’ils nous avaient écrit.

« – Tu ne vas pas me croire.

Nani* ? (quoi en japonais)

– Il semble que nous étions invités à la réception uniquement…

– Hein ?

– C’est marqué que nous sommes « invités à nous joindre aux festivités à partir de 17h30 pour une réception qui débute à 18h.

– T’es en train de me dire qu’on aurait pu se passer de l’église ? Qu’on a crashé le mariage ?!

– Ben… Ouais

– … »

 

ameliemarieintokyo

Éditeur web basée à Tokyo depuis 2013, travaillant dans la communication et le marketing. Passionnée d'écriture, de nature curieuse et sensible, j'apprécie particulièrement de mettre en scène mon quotidien nippon et de partager mon expérience de la société japonaise.

RELATED POSTS

4 Commentaires

  1. Répondre

    Agathe

    20 janvier 2019

    Salut,

    J’apprécie ta plume, ton style et ton blog en général. J’avoue également faire partie de la majorité silencieuse qui ne commente jamais. Seulement là, je me suis sentie obligée de le faire. Je précise que je me base sur tes articles uniquement et l’impression qui s’en dégage par rapport à toi. On ne se connait pas, donc j’insiste : je ne juge pas ta personnalité mais ce qui ressort de tes articles sur ce mariage.

    Autant être franche : je te trouve limite odieuse.

    Heureusement que tu as précisé que ces gens étaient tes amis parce que ce n’est franchement pas flagrant. Te rends tu compte que tu as passé ta journée à tout critiquer et juger? Passe encore tes caprices sur l’apparence de la chambre (chacun met ses priorités où il veut, personnellement l’hôtel c’est, à mon sens, juste pour passer la nuit donc les murs défraîchis ou pas ne sont pas ma priorité. Cela dit, si l’idée était de séjourner dans un palace, il fallait juste y mettre le prix), mais là où j’ai été assez choquée c’est sur ton comportement et ton jugement très négatifs.

    « une cérémonie sans saveur ni émotion »..? Mais qui es tu pour te permettre de dire ceci? Pour tes amis, ce n’était pas « sans saveur ni émotion » c’était le plus beau jour de leur vie. J’ai déjà assisté à un mariage Japonais et même s’il est vrai que je suis restée perplexe devant la codification stricte de la cérémonie, pour ne pas dire martiale (« levez vous, buvez le sake, applaudissez, asseyez vous »), ou face à la chanteuse (j’y ai également eu droit), à aucun moment je n’ai trouvé que le mariage manquait d’émotions parce que les yeux de mes amis brillaient de bonheur, et c’était, à mon sens, tout ce qui comptait. Si tes amis ont choisi ce type de cérémonie, c’est probablement parce que, justement, ça les correspondait, quoique tu puisses en penser.

    J’ai l’impression de lire les plaintes d’une princesse gâtée (te plaindre d’être mise en avant parce qu’ils ont gentiment pensé à te faire un menu spécial par rapport à ton allergie au lieu de te dire de trier? Sérieusement?) plutôt que quelqu’un qui se réjouit du bonheur de ses proches. Tu nous fait tout un paragraphe larmoyant sur l’importance qu’ont ces gens pour toi ainsi que leur gentillesse à ton égard pour au final agir comme si ce mariage était une corvée.

    Les gens s’habillent comme des « ploucs » (venant de quelqu’un qui a justement arrêté l’épilation et le maquillage à cause du poids des apparences il est ironique de voir que tu ne te gênes pas pour juger les autres), ce sont limite des incultes qui font des stéréotypes sur la France (ces gens n’en avaient probablement rien à cirer de toi, ils ont juste cherché un moyen de faire la conversation et leurs clichés étaient la manière la plus facile d’entamer une discussion, histoire d’être polis), alors que tu t’empresses de faire des stéréotypes sur le Japon (je n’ai pas bien saisi ce paragraphe : on peut très bien exposer les différences culturelles sans en faire un débat houleux, je ne vois pas en quoi c’est un « terrain glissant »), tu n’écoutes même pas quand les gens parlent (sympathique), et même pour la deuxième soirée tu trouves le moyen de te plaindre du choix des boissons!

    J’ai pas envie d’être méchante et j’ose espérer que tu t’es juste mal exprimée. Mais très franchement j’ai de la peine pour tes amis qui t’ont assez estimée pour t’inviter et qui, sans le savoir, se sont fait critiquer de A à Z sur leur cérémonie qui a dû leur prendre un temps fou. C’était le plus beau jour de leur vie et toi tu donnes l’impression d’avoir daigné venir à contrecœur.

  2. Répondre

    Charlotte

    20 janvier 2019

    Ça m’a beaucoup intéressée aussi. J’avais déjà eu des échos sur les mariages japonais par une amie japonaise mais c’est bien de lire les impressions d’une française !

  3. Répondre

    Marjorie

    17 janvier 2019

    Oh c’était si génial, cette plume, et si intéressant ! Merci !

    • ameliemarieintokyo

      18 janvier 2019

      Merci beaucoup, je rougis !

Commenter

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.