Lorsqu'il s'agit de parler de régime alimentaire miraculeux, la presse féminine est toujours partante pour nous vendre du rêve. Ces dernières années, elle a (re)découvert l'alimentation japonaise comme une méthode d'amaigrissement idéale. Brandissant le konjac (konnyaku) et le tofu en fer de lance, des pages et des pages sont écrites sur le mode de vie des japonaises. À croire que l'on ne peut pas être gros dans l'archipel. Vraiment ?

Vous pourriez trouver cette interrogation, peut-on être gros au Japon, étrange mais à entendre la presse régulièrement mettre sur le tapis l’alimentation japonaise et  le faible taux d’obésité du pays, le sujet finit par intriguer. Personnellement, c’est après avoir lu le touchant article de Sonia sur les troubles alimentaires au Japon, un buzz sur le Huffington Post, que j’ai eu envie d’aborder la question. À l’heure où le bilan est fait sur une loi anti-obésité votée en 2008, la Métabo-law, faisons le point sur l’envers du décor.

Posons d’abord les bases.

L’obésité est un sujet complexe, bien trop souvent ramenée à l’alimentation et bien trop souvent mise sur le compte d’une absence de volonté ou d’activité physique. Or, et les scientifiques le clament depuis des décennies, c’est en réalité la combinaison de plusieurs facteurs, nos modes de vie, l’alimentation industrielle, la manipulation de notre image par les médias, les gourous de la diététique et des troubles du comportement alimentaires qui ont souvent pour origine une déconnexion entre le corps et l’alimentation. Si vous êtes prompt au jugement ou curieux, je vous invite vivement à vous informer sur le site du groupe GROS, menant à ce jour des réflexions poussées ainsi qu’à faire des lectures, en particulier sur l’alimentation industrielle.

Du poisson, du tofu et du riz… Mais aussi du shôyu, de la friture. Et encore du riz.

Oui, les japonais sont généralement mince, voir maigres, selon notre perspective sur le sujet. Dans les boutiques, les occidentaux sont un peu perdus avec les tailles, qui s’arrêtent déjà bien souvent à « taille unique » ou M. Le XXS semble être la norme. Les magazines, les séries et les films mettent en scène des acteurs irréels, tout en longueur. Je peux en glisser facilement trois dans ma cuisse.

Cela s’explique d’une part par les périodes de pauvreté vécu par le peuple japonais (dur de se développer une forte stature quand on a trois grains de riz à se mettre sous la dent). Et d’autre part, et ce n’est pas déconnecté du premier point, par le régime alimentaire traditionnel. Ce dernier est basé sur les produits marins, pas mal de tubercules, le riz, un peu de légumes, le tofu et un petit peu de fruit. Le patrimoine génétique est forcément influencé par les terres sur lesquelles ont vécu nos ancêtres et il est donc envisageable de supposé que c’est un facteur de plus en la faveur de la minceur japonaise.

Après tout, et on le sait bien, tous les corps ne se ressemblent pas partout dans le monde. Pour formuler autrement, à moins de se raboter les hanches, une française pourra difficilement ressembler à une japonaise, à la figure plus fine et aux hanches étroites.

L’obésité est bel et bien là.

Si le Japon a effectivement, l’un des plus faibles taux d’obésité au monde (3,5% en 2010), rassurez-vous. Il est entré dans cette malheureuse course. Un phénomène que l’on explique par l’influence de l’alimentation occidentale, notamment américaine. Cela reviendrait-il à dire que l’alimentation traditionnelle serait la clé de la minceur ? Je n’en suis pas certaine. Un médecin, Pierre Weill, rappelle avec sagesse dans son livre « Tous gros demain ? » qu’il n’existe par per se un régime alimentaire idéal et que ce qui nous fout en l’air, c’est l’industrialisation de notre alimentation. Pour résumer.

J’en reviens à mes magazines, probablement partis interroger un microcosme de japonaises branchées, passant complètement à côté des habitudes alimentaires de la majorité. La réalité ? L’alimentation rapide, les supérettes ouvertes 24/7, les semaines de travail de 100h, l’abondance de sucre, de gras et de sel à porter de main ont envoyé au tapis les repas frugaux du passé.

Si l’on regarde le poids et la taille des japonais, l’obésité s’est propagé bien plus vite que dans les pays occidentaux. Le Japon rattrape son retard, en particulier avec la jeunesse et les campagnes. Les restaurants offrent des plats bien trop riches, la junk food japonaise bats son plein. Les japonais se découvrent gourmands de pancakes, gâteaux et autres douceurs qui historiquement étaient associé à des jours de fête. Conséquence de quoi, eh bien être gros au Japon, ce n’est plus réservé aux joueurs de sumo.

Le Japon, obsédé par votre tour de taille ?

J’entends pratiquement quotidiennement des annonces municipales résonner dans mon quartier grace aux mégaphones publics. Cela me procure un sentiment d’irréalité, d’être dans un pays délirant, à la frontière de la dystopie. Jusqu’ici, le Japon contrôle votre mode de pensée (censure médiatique bonjour), votre droit de vote (pluralisme politique fantomatique), votre comportement (le clou qui dépasse se prend un coup sur la cafetière). Depuis 2008, il contrôle AUSSI votre tour de taille.

La loi Métabo (de métabolisme) est un raccourci de la loi Normes relative à la Santé Publique et les examens médicaux. Elle concerne l’implémentation d’un contrôle numérique du tour de taille des travailleurs lors de l’obligatoire visite médicale annuelle. Au delà de 85cm pour les hommes et de 90cm pour les femmes, les travailleurs sont considérés comme étant sur la dangereuse pente de l’obésité. Leur punition ? Des consultations médicales additionnelles avec suivi par e-mail, téléphone, courrier, le tout saupoudré de soutien émotionnel. Ne vous y trompez pas, sous couvert de prendre soin de leur santé, il s’agit surtout de leur faire perdre des cm pour qu’ils rentrent de nouveau dans des cases.

L’objectif ? Réduire le taux d’obésité de 10% pour 2012 et de 20% pour 2015. 50 millions de japonais sont concernés.

La mise en place de cette loi n’a pas été sans grogne. La mesure du tour de taille sur un employé déshabillé est perçue comme une humiliation. Après des plaintes de travailleurs, le ministère de la santé a concédé le port des vêtements pour ceux qui ne souhaitent pas se mettre à nu. Dans ce cas, 1,5 cm est déduit de la mesure.

Is it illegal to be overweight in Japan?

 

S’il n’existe pas à proprement parler de sanction au niveau individuel, en revanche, l’État ou les entreprises peuvent se voir infliger des amendes. Il n’est donc pas difficile de voir qu’une telle loi engendre des problèmes majeurs. D’une part, la création d’une sanction financière contre l’employeur amène une incertitude quant au sort des travailleurs en surpoids. Une entreprise peut-elle licencier pour cause de surpoids ? Dans la même lignée, cela entraine-t-il une discrimination à l’embauche ?

D’autre part, côté santé, cela pousse les japonais dans une logique de régime drastique, de courte durée, et le recours à des produits pharmaceutiques en tout genre. Bref, à foutre en l’air de manière plutôt violente la manière qu’ont les personne de s’alimenter, aussi imparfaite soit-elle à l’origine, à une époque où l’on réalise que les régimes amaigrissant font plus de mal que de bien sur le long terme.

Pire, certaines entreprises se sont déclarées prêtes à rendre obligatoire la participation à des programmes d’amaigrissement.

La loi Métabo a aussi créé un environnement de travail hostile.

Je me dois de citer encore une fois Sonia, tant son témoignage est précieux.

La première semaine de travail se passe bien (…). On organise ma soirée d’intégration (…). Je suis assise au milieu de la rangée puisque la soirée est en mon honneur, entourée de tous mes nouveaux collègues et mon nouveau patron. (…) Mais au milieu de la soirée, tout tourne mal.

Le collègue assis à côté de moi (…) m’appelle d’une voix tonitruante de mec bourré, une voix assez forte pour que tout le monde tourne la tête de notre côté et me balance devant tout le restaurant : « Hé Sonia ! Pourquoi t’es foutue comme ça. Non mais c’est vrai quoi ! T’as un beau visage, tu pourrais être mignonne, mais c’est quoi ce corps ? Pourquoi t’es grosse ? En plus tu as le visage fin, alors que tout soit gras à partir du cou, ça gâche vraiment tout ! Tout ce qui est en dessous du menton : à jeter ! C’est vraiment du gâchis, tu devrais faire un régime ! » (…).

Tout le monde a un petit air gêné, mais on est au Japon. Alors on sourit timidement, et surtout personne ne lui intime de se taire, on fait comme si ce que j’étais en train d’encaisser est parfaitement normal. Le problème est qu’il ne s’arrête pas.  Il continue à m’humilier devant tout le monde de sa voix pâteuse d’homme ivre. (…) « Pourquoi tu le reconnais pas ? Pourquoi tu ne fais pas un effort pour maigrir ? C’est quand même pas dur d’arrêter de manger et de faire du sport ! T’habites pas trop loin, pourquoi tu viens en train ? Faut que tu viennes en vélo et comme ça tu maigriras et tu ne seras plus grosse comme ça ! Car là, un beau visage comme ça sur un corps gras, c’est dégoûtant (kimochi warui dans le texte) ».

C’est trop. Je fonds en larmes devant tout le monde, c’est incontrôlable.(…) Une collègue veut dédramatiser : « Il ne faut pas pleurer pour ça ! Moi aussi on me dit souvent que je devrais maigrir et que je mange trop, mais j’ai jamais pleuré ! ».

Sonia

C’est d’une violence et d’un sans-gêne hallucinant et certainement pas exceptionnel. Pour les japonais, encore beaucoup à croire fondamentalement que l’on est soit fort, soit faible mentalement, le rapport au corps est beaucoup une affaire de volonté.

(Il faut le marteler pour que le message passe, mais dans cette affaire, la volonté a bon dos.)

Et à un niveau plutôt individuel, être (se sentir ?) gros au Japon, c’est grave docteur ?

L’obsession de la balance est un phénomène relativement récent au Japon (à l’échelle de l’histoire humaine, ça l’est tout autant par chez nous). Malheureusement, le mal est déjà là. Depuis les années 2000, les jeunes japonaises font de plus en plus de régime amaigrissant, de plus en plus jeunes. Elles achètent aussi des médicaments, des laxatifs et des substituts de repas en quantité notable. Plus de 50% des lycéennes japonaises se sentent mal dans leur peau et se pensent grosses, alors qu’objectivement, la surcharge pondérale sévère ne touche que 2,7% d’entre elles. Pire, seules 23% des jeunes filles de 16 à 18 ans sont satisfaites de leur corps. Rien de pire que l’inadéquation entre la perception de son corps et ce qui est sain.

Alors que je fais des essayages dans une cabine chez H&M (Shibuya), deux crevettes japonaises discutaient entre elle. Retranscription :

– « Oh c’est  pas un peu petit ?  Tu devrais essayer la taille d’au dessus peut être ? 

– Oui, mais je suis en train de faire un régime, ça ira

– Oh vraiment ? Super quel régime ?

– Le régime &@$(ç. J’en suis déjà à moins 5 kg !

– Waah !! Continue !

– J’aimerai bien en perdre une dizaine, pour ma santé notamment ». 

Cette conversation s’est poursuivit pendant une bonne dizaine de minutes, entrecoupées de rires et de commentaires approbatifs sur les essayages. En sortant de ma cabine, un rapide coup d’oeil de ma part révéla deux jolies jeunes femmes rentrant à l’aide dans un 34. La surreprésentation de la maigreur a des conséquences pour les personnes minces en bonne santé.

Et pour les étrangers, ça se vit comment ?

Même si vous êtes bien dans votre peau, mettre les pieds au pays du soleil levant peut ébranler votre confiance. Comme la blogueuse Sonia, mon arrivée au Japon a exacerbé chez moi un mal-être relatif à mon physique. Si l’on comprend que les expatriés en discutent parce qu’ils sont exposés à la question sur la durée, je serai curieuse de savoir ce qu’il en est pour les touristes.

En ce qui  nous concerne, une part du problème vient de l’ignorance des japonais quant au type de carrure que l’on peut avoir selon son origine. C’est formulé maladroitement, mais nous ne sommes pas taillés comme eux, ni comme les américains ou les brésiliens, et cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Bien sûr, il existe des exceptions à tout, mais vous voyez le tableau (j’espère !).

Sonia expose en plus une réalité à laquelle j’ai eu au moins la chance d’échapper, c’est-à-dire les critiques décomplexées des japonais de son entourage. Car les japonais peuvent être durs lorsqu’il s’agit de parler du poids.

En effet, autant les Japonais peuvent se montrer très polis, autant entre proches, les remarques attaquant le physique peuvent être assez décomplexées. Et voilà qu’à l’école, au travail, ou avec des amis, je recevais très régulièrement des réflexions désobligeantes par la gent masculine comme « Tu manges du chocolat ? Tu ferais plutôt mieux de faire un régime, attention le ventre.« , « Tu as du ventre et des fesses, tu devrais faire plus de sport« , et j’en passe. En plein dans l’estime de soi (…) les blagues sur le poids des femmes n’étaient pas rares au Japon.

Sonia

Personne ne devrait se sentir en droit de juger le physique d’une autre et encore moins se permettre de le dire ouvertement. Mais au Japon, en particulier à l’égard des femmes, il reste beaucoup de chemin à parcourir contre la grossophobie.

10 septembre 2014

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20 Commentaires

  1. Répondre

    poupychka

    11 septembre 2014

    Amélie, je ne viendrai jamais au Japon ! Je suis sûre qu’on me prendra en photo la bas et je finirai en gif sur leurs tumblr !

    • Amélie-Marie

      11 septembre 2014

      Mais non, mais non, tu te fondras parfaitement bien dans la masse hype d’Harajuku (je pense que ce quartier est fait pour toi, entre WTF et coins branchés cachés). D’ailleurs, viens donc, hey, on se sirotera des coktails bizarres en tweetant (je découvre tweeter, je suis pas un peu hipster sur les bords, d’arriver après les gamins de 9 ans :D?)

    • poupychka

      11 septembre 2014

      Non mais déjà a Moscou, on me toisait bizarre ! Mon concept de #NourrirLaCouisse ne passera pas du tout au royaume de la taille 32 !

    • Amélie-Marie

      11 septembre 2014

      Mais si, mais si, justement, ils se lâchent sur la bouffe les nippons ! J’ai jamais vu des parts de gâteaux aussi grosses et ils ont inventé le concept de jumbo size pour les parfaits glaçés: http://media-cdn.tripadvisor.com/media/photo-s/03/d2/2f/72/10-000y-jumbo-parfait.jpg. Crois moi, on passe crème.

    • yuzuandco

      11 septembre 2014

      Tu sais qu’en une semaine et en mangeant comme des rois on avait perdu du poids en rentrant.

  2. Répondre

    Chroniques de fille

    10 septembre 2014

    Merci pour cet éclairage très intéressant sur le « poids » de la pression sociale au Japon !

  3. Répondre

    ladyelle134

    10 septembre 2014

    🙁 Consternant et effrayant. Ma « grande » qui va avoir 16 ans va partir 1 an au Japon et j’espère qu’elle ne va pas « tomber » là dedans car en France elle fait déjà attention et pourtant elle est mince !

    • Amélie-Marie

      10 septembre 2014

      Je pense qu’une conversation s’impose peut être. Ce serait judicieux de bien expliquer la différence physique déjà, et aussi de ne pas tenir compte des remarques de camarades. Si elle fait attention, peut être a-t-elle une sensibilité. Les jeunes japonaises ont vraiment un gabarit très très mince (et assez plat il faut l’avouer), et cela peut complexer. J’ai beau être avertie et avoir pas mal travaillé sur moi à ce sujet, une soirée à côté de nipponne et je retombe dans l’idée qu’il « faudrait que je fasse quelque chose ».

    • ladyelle134

      11 septembre 2014

      C’est bien ce que nous comptons faire. Nous avons prévu d’en parler avec elle. Elle ne partira au Japon qu’en mars, donc on va pouvoir parler 🙂

  4. Répondre

    Bérénice

    10 septembre 2014

    Bravo pour cet article. Il est complet et très bien écrit ! J’ai également vécu cette pression lors de mes études à Osaka. Je t’ai envoyé yn email sur le sujet !

    • Amélie-Marie

      10 septembre 2014

      Merci beaucoup, je cours lire mes mails !

  5. Répondre

    Châtaigne

    10 septembre 2014

    Oula, mais c’est dur quand même… C’est clair qu’on n’a pas le même métabolisme… Cela dit, on a pu constater que la junk food ne les épargne pas…

  6. Répondre

    yuzuandco

    9 septembre 2014

    Typiquement japonais. Toute médaille a son revers…

  7. Répondre

    Antigone XXI

    9 septembre 2014

    J’avais lu l’article de Sonia en intégralité et je dois dire que ça m’avait consternée. La vidéo d’ailleurs est fascinante. Quel contrôle ! (en plus, euh, c’est moi où le bonhomme jugé ‘gros’ n’est vraiment pas gros ? :-O )
    Mais en même temps, ça ne m’étonne pas, surtout quand je pense à ma belle-sœur. Elle me parle souvent d’elle comme étant ‘chubby’ plus jeune… Honnêtement, j’ai vu des photos et je l’ai connue au tout début, quand elle était soi-disant ‘chubby’, et si ça, c’était chubby, je crois que la plus mince de nos top-modèles françaises est un boudin alors.
    Et puis, elle s’est mise à maigrir, maigrir, ne manger plus que des pommes, remplacer le sucre par du splenda… jusqu’à, honnêtement, être terriblement maigre. Elle a un peu repris maintenant, mais à chaque fois que j’en parle à mon frère, il me dit : ‘Oh, tu sais, c’est le physique des Japonaises, elles sont très minces’… Oui mais euh, non ! C’est quoi cette excuse à deux balles ? Elle n’était pas comme ça au départ, c’est juste une tonne de pression sociale et de mal-être…
    Et je me souviens d’ailleurs, à titre personnel, qu’en rentrant de mon voyage au Japon, il y a longtemps, je me suis mise au régime… 🙁

    • Amélie-Marie

      10 septembre 2014

      Merci comme toujours de tes précieux commentaires :). En effet, les japonaises sont bien souvent très très minces, mais pas toutes ! De plus, elles tendent à prendre du poids passée la vingtaine (une des explications: mariage = arrête de travailler). Ça ne m’étonne pas que ta belle-soeur se soit considérée comme chubby alors qu’elle devait avoir un gabarit au top de nos normes.

      Le Japon propose des tonnes de régimes tout à fait farfelus (soupe, smoothie, gélules, substituts, gelée …) et sans le voir vraiment, je découvre dernièrement que ça fait pas mal de dégâts. C’est assez paradoxal quand tu réalises que tu peux trouver de la nourriture (ou des sodas) à tous les coins de rue.

      Je comprends tout à fait l’effet que ça t’a fait, car je me bats avec ça un peu tous les jours. Je ne peux m’empêcher de me comparer, où de rêver devant des tenues honnêtement importables pour une occidentale (ne serait-ce que le buste ou les hanches). Je réalise que plus j’apprends le japonais, plus les publicités m’atteignent, et il y a énormément de publicités pour les régimes avec images choc. À chacun de mes voyages, je me suis plus ou moins restreinte, j’ai développé des trucs bizarres (moins violents que Sonia, mais dans la même idée). Heureusement, le sport et l’alimentation bio me tirent de ce pas !

  8. Répondre

    ifeelblue

    9 septembre 2014

    j’ai vraiment beaucoup beaucoup de mal avec le concept de cette loi… et le fait que ce soit lors de la visite médicale annuelle du travail, le fait que l’employeur ait un droit de regard sur ta vie privée… ça me fait grincer des dents!

    • Amélie-Marie

      9 septembre 2014

      Je suis complètement d’accord ! Ça fiche un peu la frousse. Tu es déjà tellement contrôlé par ailleurs ! Par exemple, si tu es mère et que tu veux travailler, tu dois fournir un certificat mensuel prouvant que tu prends soin de tes enfants en les plaçant en crèche ou avec une nourrice. Autre exemple, ton patron / ton superviseur (boulot) doit être invité à ton mariage et fait un discours. C’était même au XIXème siècle, l’un des possibles entremetteurs (il avait en somme, le devoir de trouver un bon parti pour les employés).

    • ifeelblue

      9 septembre 2014

      argh le truc d’inviter son patron à son mariage mais quelle horreur! j’ai l’impression qu’il y a un énorme fossé entre nos cultures. Ça doit être ultra déstabilisant au quotidien!

    • Amélie-Marie

      10 septembre 2014

      Ça va, je ne suis pas tout à fait intégrée dans la société japonaise (= pas de boulot dans un milieu de nippon), donc j’y échappe. Mais il est vrai que lorsque je découvre à quel point l’esprit communautaire est fort, et s’imbrique ainsi très très fortement dans ta vie (communauté de quartier, de famille, de boulot, de hobby), ça m’effraie. Ça a des bons côtés, dans le sens où tu n’es pas « seul » (tant que tu es dans les plots bien sur :D).

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