Oups ! Le Japon croule sous les objets perdus !

Objets perdus

Dernièrement, j’écrivais au sujet des objets perdus au Japon sur Courrier Expat. Un sujet proprement fascinant d’autant plus que le Japon est souvent mis en avant pour son respect des affaires des autres. Je ne savais pas alors que j’allais être encore une fois frappée par mon étourderie… 

Le matériel n’est pas si important, n’est-ce pas ? Et pourtant, perdre ses affaires est désagréable, angoissant et peut ruiner une journée, voire plus selon l’objet égaré. Je vous le donne en mille, perdre ses papiers, son téléphone ou sa tablette sont en tête des statistiques, avec les vêtements (embêtant, mais… moins dramatique).

Il faut, à chaque fois, invoquer le Sherlock Holmes qui est en nous pour remonter le fil jusqu’à l’instant X où, pour la dernière fois, nous avons aperçu notre portefeuille, nos clefs ou nos lunettes.

Je touche du bois et m’estime heureuse de vivre au Japon, car malgré ses imperfections, ce pays est une terre de miracles pour nos objets perdus. En règle général, je crois que l’on peut faire confiance aux autorités japonaises pour retrouver les objets que nous semons malencontreusement. Cependant, ne tentez pas non plus le diable en abandonnant votre matos informatique dans le métro. Il pourrait bien disparaître pour de bon !

Avant de dresser un tableau complet de mes mésaventures nippones, il me faut répondre à une question cruciale… 

Retrouve-t-on vraiment nos objets perdus au Japon ? 

Si j’ai vécu plus d’expériences positives que négatives en la matière, je n’oserai être trop catégorique !

Je pense que si vous faites tomber votre gilet, un mouchoir en tissu ou une pochette sur votre chemin pour aller au travail, il y a fort à parier que vous les retrouviez le soir à votre retour. 

Si vous avez voyagé au Japon, peut-être aurez vous aperçu un chapeau, un sac à dos d’enfant ou un foulard en évidence sur un muret ou attaché à un arbre. C’est qu’un bon samaritain, trébuchant sur vos affaires, aura jugé bon de les mettre bien en évidence.

Un soir que je retournais à mon vélo, garé dans la rue, j’aperçois de loin… Ma clef d’antivol posée sur la selle. Je n’avais même pas réalisée l’avoir fait tombée le matin en arrivant ! 

Le shintoïsme, sauveur des objets perdus au Japon ? 

C’est une réflexion tout à fait personnelle, mais je m’interroge sur ce respect particulier qu’ont les japonais pour les objets perdus. Le shintoïsme est une religion animiste, c’est-à-dire la croyance que la nature, les objets, ce qui nous entoure, est animé par une force vitale. Bien qu’en grande majorité les japonais ne se déclarent pas croyants (du moins, pas comme nous l’entendons en occident), les anciennes croyances perdurent dans le quotidien nippon de manière très naturelle. 

C’est un sujet que nous avons abordé lors de l’épisode très spécial de la librairie yokai et que je vous encourage à écouter pour plus de détails. 

C’est donc une supposition. Mais je me dis qu’inconsciemment, les japonais ne tentent pas de posséder un objet perdu par superstition (inconsciente ?). Mon mari souvent me dit “non, ne touche pas, laisse en l’état”. En filigrane, l’objet « finira bien » par retrouver son propriétaire. J’ai vu des écharpes et des manteaux reposer sur des barrières pendant des jours avant de ne finalement disparaître… 

Objets perdus

Années 2000, les placards de la police japonaise débordent. C’est le drame !

S’ils ne le laissent pas tel quel, les japonais ramèneront volontiers un objet perdu au poste de police le plus proche. Là encore, il faut dire que le Japon, avec plus de 6,000 postes de police de proximité (les koban, dont plus de 1000 dans la région de Tokyo) se révèle bien pratique ! Et s’ils sont proches d’une gare, c’est plutôt là que les japonais ramènent ce qu’ils ont trouvé, surtout s’il s’agit d’une carte de transport. 

Si mon mari préfère encore laisser un objet tel quel, c’est que déclarer avoir trouvé un objet n’est pas la garantie d’en retrouver le propriétaire… Aussi, les gens font plutôt le pari que c’est sur un chemin quotidien que ce sac de sport ou cette trousse de maquillage ont été égarés. 

Après quelques recherches, j’ai été effarée de découvrir que la police japonaise peine à gérer l’afflux d’objets perdus du pays. Ce sont plus de 33 millions d’objets qui se sont accumulés au fil des ans au début des années 2000. Les centres de récupération débordaient de portefeuilles, argent, vêtements, parapluies mais aussi téléphones portables et trousseau de clef. Une quantité astronomique d’une ampleur telle que la police demanda au gouvernement d’intervenir. 

En 2007, il était grand temps que les législateurs japonais révisent la Loi sur les Biens Perdus (Lost Property Act) de 1899. Après cette réforme, passés 3 mois sans signe d’un propriétaire, les objets perdus non réclamés peuvent désormais être vendus ou envoyé au recyclage.

Une durée encore bien longue alors que la police a géré plus de 4.4 millions d’objets perdus rien qu’en 2018.

Objets perdus

Mes mésaventures perso 

Durant mon adolescence, j’étais l’héroïne de la maison, à retrouver télécommande (dans la poubelle), clef  de voiture ou de grenier (dans le linge), lunettes (juste… là). J’aurais dû me douter qu’en grandissant, je serai affligée de la même étourderie que mes géniteurs. 

Départ d’avion matinal + taxi + iPhone 

Encore un glorieux moment à mon actif, que je relate dans Oups ! J’ai oublié mon téléphone dans un taxi. Pour un rapide récapitulatif, je ne dois mon salut qu’à mon calme olympien (non) et aux bons réflexes d’un policier japonais. 

Nara + tout l’argent de mon voyagé + pause café

Je crois bien avoir relaté cette affaire quelque part sur mon blog. En 2007, lors de mon tout premier voyage au Japon, j’ai passé quelques jours à Kyoto. Au programme, une journée pour flâner à Nara, petite ville très touristique, à une quarantaine de kilomètres au sud de Kyoto. Après des heures de visite, c’est à la gare que je réalise avoir égaré mon portefeuille. Il m’a fallu courir en sens inverse pour tout “revisiter” ! Heureusement, alors que j’approchais le café où j’avais déjeuné, j’ai vite aperçu le serveur, mon portefeuille dans les mains, qui m’attendait avec un grand sourire. 

Ma carte de transport PASMO

Je ne compte pas les fois où j’ai fait tomber ma carte de transport par terre. Si en général je m’en rends compte tout de suite, ce ne fut pas le cas en septembre dernier… Une carte de transport PASMO ou SUICA sert aussi de carte de paiement prépayée. Du coup, les japonais ne s’attendent pas à ce qu’elles soient retrouvées, ou alors “vidées” de l’argent qui s’y trouvait. Une mésaventure vécue par ma famille lors de leur dernier séjour à Tokyo. 

Quelques jours après l’avoir perdue, j’ai reçu un coup de téléphone du centre des objets perdus de Yotsuya. Leur bureau est situé au quatrième étage d’un grand poste de police de Shinjuku. Quelqu’un avait rapporté ma carte de manière anonyme !

La « petite » dernière : Soirée pro + pluies diluviennes + iPhone

Ce mois-ci, après une soirée boulot organisée par mes bons soins dans un bar de Ginza, je m’apprêtais enfin à mettre le cap vers mon domicile. C’était l’une des premières soirées fraîches de l’automne, avec pluies diluviennes et petit vent glacé. Après être sortie du bar, j’ai passé un rapide coup de fil au mari, pour lui dire que je rentrais. 

À vélo, j’ai réalisé quelques 10 minutes de coups de pédale plus tard que, tiens, quelque chose me tracassait. Dans la brume de ma fatigue, j’ai pressenti que j’avais *encore* perdu ce satané téléphone. L’étau de l’angoisse me prit tant et si bien que je me suis arrêtée sur le bas côté pour retourner mes affaires dans tous les sens sous la pluie battante. 

Catastrophe. Mon iPhone s’était bien fait la malle (tentative n°345 depuis sont achat). En trombe, j’ai refait le chemin en sens inverse, scrutant le sol à sa recherche. Rien. Nada Niet. Flûte. 

De retour à l’intersection où j’ai passé mon coup de téléphone, j’ai questionné les gens aux alentours. Rien. Le policier en ronde dans le parc à côté m’a encouragé à passer au poste… Mais il était déjà 23 heures, et c’est trempée et frigorifiée, les larmes au bord des yeux que je me suis décidée à plutôt rentrer.

Quelle nuit d’angoisse ce fut ! Perdre son téléphone, bon. En soit, c’est pénible, mais cela se rachète. Cependant, ces petites bêtes en savent beaucoup trop sur nous… 

Heureusement (cri de victoire !), le lendemain, mon mari m’envoie un email victorieux : mon iPhone est bien au chaud au commissariat central de Yurakucho. 

Aujourd’hui, le Japon fait face à un problème d’objets perdus un petit peu particulier… 

Alors que ces dernières années, le tourisme explose tous les records au Japon, les hôtels et sites touristiques sont bien embêtés, les objets perdus par des étrangers sont aussi en net augmentation ! 

Pour eux le dilemme est de taille. Est-ce que l’objet a bien été égaré ou… son propriétaire l’aurait-il volontairement abandonné pour cause de valise trop bien remplie ? Car les chambres d’hôtels semblent être victimes d’oublis stratégiques. Vêtements, produits beauté, quand ce n’est pas une valise vide ou des affaires plus encombrantes…

Qu’ils soient oubliés ou abandonnés, retrouver le propriétaire en voyage ou de retour dans son pays est déjà une tâche bien difficile. C’est sans compter le coût que représente l’envoi à l’international de ces objets perdus pour les hôtels, restaurants ou cafés. 

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1 Comment

  1. Répondre

    Crisitane Jeforu

    27 octobre 2019

    Je savais le Japonais honnête ce qui hélas, n’est plus le cas chez nous. Heureusement que, je touche du bois, je ne perds rien. Je ne me souviens même plus de ce que j’ai pu perdre un jour. Je ne serai donc pas source d’embêtement pour autrui, au Japon.
    Mais maintenant que j’en ai parlé, de mauvais esprits pourraient bien s’amuser à me faire perdre des objets. Je vais me méfier. lol
    Je vous souhaite une belle journée dans ce Tokyo que j’aime tant.

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