Bref, j’apprends le japonais avec les mangas

J'ai une véritable passion pour les mangas, que j'ai découvert à partir du lycée. En arrivant au Japon, il me tardait de pouvoir lire "à la source" ! Aussi, lorsque je me suis sentie suffisamment prête, j'ai enrichi mon apprentissage du japonais avec les mangas.

Cela fait environ plus d’un an que j’apprends le japonais – avec des hauts et des bas. Récemment, j’ai enfin franchi une barrière, celle de la lecture. N’allez pas croire que je lis couramment tout ce qui me passe par la main (bonjour la hantise des factures). Entre le vocabulaire et les kanji, ces idéogrammes de la mort, il me faut soigneusement choisir mes lectures pour m’assurer de comprendre au moins 60 à 70% de l’histoire.

Enrichir son japonais avec les mangas

Atteindre ce niveau est l’accomplissement d’un rêve de gosse. La première fois que je suis venue au Japon j’avais craqué ma tirelire pour quelques mangas en japonais. C’était pour moi le plaisir d’avoir des exemplaires ne paraissant que deux ans plus tard en France. Mais alors que j’en tournais les pages, la frustration de ne pouvoir les lire me taraudait. Désormais, tout un royaume s’offre peu à peu à moi.

Succincte classification des genres de mangas par public :

  • Shônen: garçon adolescent,
  • Shôjo: fille adolescente,
  • Seinen: homme adulte,
  • Jôsei: femme adulte.

J’aurais très certainement pu m’attaquer à la lecture plus tôt. Mais mon mari, très investi dans mes progrès me poussait principalement vers du shônen, ce qui ne me passionnait pas des masses. Je lis volontiers n’importe quel genre de manga, mais tous n’ont pas le même niveau de langue. Les sujets des shônen peuvent se révéler parfois très techniques et j’étais perdue avec mon petit dictionnaire électronique, perdant vite tout intérêt pour l’histoire.

Astuce : trouver des mangas adaptés à son niveau

J’ai alors pris mon courage à deux mains et je me suis rendue seule à Book Off, une chaine de livre d’occasion. Cela m’a permis de trouver par moi-même des mangas correspondant plus à mes goûts. Je me suis tournée vers des mangas jôsei, avec des trames narratives m’encourageant plus à m’accrocher à la lecture. Cela me paraissait plus accessible que le seinen. Il est très facile de repérer les mangas pour le public féminin. Les couvertures sont souvent rouges/roses.

Coin des shôjo

Force fut de constater après quelques titres que lire du josei allait se révéler ardu. La plupart des kanji n’ont pas leur furigana, des petits caractères en indiquant la lecture. Or lorsque l’on apprend le japonais, on peut connaître le sens d’un kanji sans sa lecture ou vice versa, connaître une lecture sans savoir quels en sont les kanji. Dans les deux cas, les furigana sont très importants pour pouvoir apprendre le japonais avec les mangas ou les livres.

Pour cette raison, j’ai revu mes ambitions à la baisse et opé pour des shôjo. Il ne faut pas croire que les histoires d’ado et d’amour soient systématiquement cul-cul. Certains shôjo sont loin d’être légers. Quel que soit votre titre de manga préféré, vous avez toujours l’option de lui mettre une couverture. Le service de couvrir votre livre est proposé gratuitement dans la plupart des libraires afin que personne ne sache ce que vous lisiez en public…

Il faut s’accrocher.

Mes débuts n’ont pas été évidents. Je manquais de vocabulaire et me suis vite trouvée confrontée au langage des jeunes. Le japonais a tellement de niveaux de langue différents que ce que l’on voit en classe n’est pas toujours suffisant pour comprendre le japonais de tous les jours. Durant mes lectures, j’avais vite mal à la tête et l’envie de piquer un petit somme après 15 pages. Toutefois je me suis accrochée. Petit à petit, je suis devenue plus rapide.

Bien que je ne retienne pas tout le vocabulaire, les kanji ou encore les expressions, j’ai vite eu plus d’aisance à avancer dans les volumes. À moi les histoires de femmes célibataires à 30 ans, de fiançailles entre une lycéenne et un policier ou des histoires à l’eau de rose entre étudiants timides.

P et JK, une histoire d’amour entre un jeune policier et une lycéenne – source: oui, non, j’ai honte, mais c’est trop bon (http://bookoff-fukuoka.jp/)

Les mangas, une mine d’or pour apprendre

L’air de rien, le manga est un outil qui permet de décrypter et la langue, et la culture. La grammaire y est malmenée, vivante, et pour l’apprenant, sa lecture est idéale pour s’habituer à comprendre les diverses formes de l’impératif, la différenciation du langage homme/femme (bien que cette distinction s’essoufle) etc. C’est aussi un très bon outil pour se familiariser avec les kanji. Selon mon humeur, je cherche ou non le vocabulaire inconnu dans le dictionnaire. Je vais être plus encline à chercher si le mot revient constamment. Les trames narratives peuvent donner des clefs de compréhension des rapports humains au Japon. Il ne faut pas non plus tout prendre pour argent comptant. Cependant beaucoup d’auteurs glissent des critiques de la société dans leurs histoires.

En conclusion, je ne peux que conseiller les mangas comme complément à l’apprentissage. Ce support a l’avantage de vous motiver à la lecture en japonais sans être trop ennuyeux et les images adoucissent la difficulté.

Et si vous n’apprenez pas les japonais, je ne peux que vous inviter à découvrir cet univers en français. Le manga japonais est une ouverture sur la culture japonaise très riche. Les types ne se résument pas qu’à des narrations répétitives d’histoires d’amour ou de combats. Il existe de véritables chefs d’oeuvre de créativité et des mangaka (auteur de manga) renommés, tel Naoki Urasawa ayant reçu de nombreuses récompenses dont un prix au festival d’Angoulême.

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4 Commentaires

  1. Répondre

    Agathe

    26 avril 2019

    Merci pour tous tes articles sur l’apprentissage du japonais – et le Japon en général – que je viens de découvrir !!
    Je viens de réaliser mon rêve d’adolescente: aller au Japon (20 ans plus tard…) ! Mais voilà, frustration intense, mon niveau de japonais plus que limité ne me permet pas de profiter pleinement. Du coup, j’ai décidé de mettre les bouchées doubles dans mon apprentissage. Surtout pour me permettre enfin de lire des mangas sans être tributaire des publications en français (quel enfer dans les librairies, j’ai l’impression d’être sourde et aveugle au paradis !). Mes préférés : les josei, mais j’ai bien compris qu’il va falloir être très patiente pour ça. Du coup je suis partante pour des bons shojos (j’en ai de toute manière un certain nombre dans ma bibliothèque…). Qu’est ce que tu me recommandes que je pourrais acheter à Tokyo dans les prochains jours (avant de repartir déjà pour la France…) ?

  2. Répondre

    Camille

    22 octobre 2014

    Je trouve ton article très pertinent ! Pour ma part, je vais commencer par lire en japonais un manga que j’ai déjà lu plusieurs fois en français (Fruit Baskets, oui je sais un peu la honte mais j’adore !), comme ça je sais que je connais déjà l’intrigue (mon niveau ne me permet pas encore de décrypter un manga totalement inconnu, mais l’histoire du policier et de la lycéenne donne trop envie !) 🙂

  3. Répondre

    Path

    22 octobre 2014

    C’est en effet un bon moyen d’apprendre une langue ! Personnellement, je révise mon allemand et mon anglais en lisant des manga …(même si ce n’est pas la langue originale). Je suis malheureusement pas encore au japonais. Sinon, petite faute d’inattention mais : « Succincte classification des genres de mangas par public »: ===>la phrase n’est pas très claire, shonen et compagnie désigne uniquement la cible éditoriale, le terme « genre » peut don prêter à confusion et vaudrait mieux pas l’utiliser (mais c’est un petit détail de la part d’un vieux puriste)

    • Amélie-Marie

      22 octobre 2014

      Ahaha, j’ai pas mal evolué en anglais avec les mangas aussi !
      Je comprends ton point de vue, cependant, à partir de la cible editoriale (le public) on a bien une « typologie » avec des codes précis. Le mot genre est peut être mal choisi en effet, en revanche, je dirais qu’il y a des types de mangas.

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