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Minimalisme

Le minimalisme japonais dans mon nouveau chez moi

minimalisme japonais

Sans le minimalisme japonais, je n’aurais pas bien vécu mes premières années au Japon, dans deux studios, le premier de 21 m2 et le second de 26 m2 . En effet, j’avais non seulement mes affaires… Mais je devais aussi garder les affaires de mon mari parti successivement finir son master en Russie puis en mission en ambassade en Ouzbékistan. C’est pourquoi il m’a fallu ruser et jouer à Tetris avec mon intérieur. Autant vous dire que l’espace au Japon, c’est une richesse !

Le minimalisme japonais ? Kezako ?

D’abord, je ne le vis pas à 100%. C’est-à-dire qu’il me faudrait probablement renoncer à la moitié de ma garde-robe, pas mal de bouquins. Les miens et surtout ceux de mon mari. Parce que le créateur de chaos, à la maison, c’est plutôt lui !

Quoiqu’il en soit, lorsque j’ai mentionné la première fois de minimalisme, je me référais au mouvement dit « danshari » qui allie trois perspectives.

  • Premièrement, refuser l’encombrement de nouvelles choses inutiles.
  • Deuxièmement, être capable de jeter.
  • Et troisièmement, se séparer du désir de possession.

J’applique très facilement les deux premières…

En effet, j’aime l’esthétique d’une pièce épurée, avec un minimum d’objets sur un meuble. Ainsi, j’aime un espace aéré. Je range et j’arrange de manière à ce que mon lieu de vie puisse respirer. Et surtout me laisser respirer. Deuxièmement, je n’ai aucune culpabilité à jeter.

Le gâchis, pour moi, vient en amont. Aussi, si cela me fait mal au coeur de jeter, pourquoi ai-je amassé en premier lieu ? C’est pourquoi, lorsque je jette, je le prends comme une leçon. Pour ne pas jeter, il ne faut donc pas posséder. De même, je trouve facile de me débarrasser des vêtements ou des livres. Finalement, il suffit de les donner ou de les revendre. Le reste, ma foi, ira au tri sélectif.

Posséder ?

En revanche, le désir de possession est un sujet plus délicat. Ce désir est d’ailleurs grandement lié à l’estime de soi et à notre égo. Posséder ce nouveau sac Chanel, ce tableau ou cette voiture de course, répond à un besoin d’affirmer, de mériter sa place dans la société. C’est ce que j’ai découvert en lisant l’excellent Imparfaits, libres et heureux: Pratiques de l’estime de soi de Christophe André. Une véritable claque !

Cependant, depuis plusieurs années, je ressens clairement la différence entre mon désir d’avoir quelque chose et mon besoin. Grâce à cette démarche entamée au Japon, je consomme réellement de moins en moins. Enfin, je fais aussi durer ce que je possède bien plus longtemps.

Au contraire, mon mari, lui, n’a absolument besoin de rien. Il n’est pas attiré par les marques ou l’envie de posséder tel ou tel objet. Si ça ne tenait qu’à lui, un pyjama, un costume et 20 paires de chaussettes suffiraient amplement pour une dizaine d’années. Néanmoins, jeter ou refuser de s’encombrer lui est plus difficile. C’est tout un équilibre !

Gérer le minimalisme japonais à deux. Dans un studio. Avec un amoureux des livres.

Lorsque mon mari est revenu, nous nous sommes retrouvés à vivre ensemble dans le studio de 26 m. Avec le mari, c’est sa bibliothèque qui semble s’agrandir à la minute. S’ajoute tous ses costumes pour le boulot et tous les souvenirs accumulés au cours de ses séjours à l’étranger. Et le minimalisme, ça ne s’impose pas. En fin de compte, il m’a fallu m’adapter.

Heureusement que, livres à part, mon mari et le shopping ça fait deux. On ne s’en serait pas sorti autrement ! Malgré cela, j’avais le sentiment d’étouffer au milieu de nos affaires. Je pouvais difficilement poursuivre ma démarche du minimalisme japonais. L’espace nous manquait. Pour cette raison, je faisais de grands tris, vidait un maximum de choses, jusqu’à atteindre la limite de ce dont je ne pouvais me séparer.

Me voyant lorgner d’un oeil torve vers la bibliothèque s’agrandissant régulièrement, mon mari opta pour une sage solution. Nous trouver un nouveau logement. Cela nous a pris pratiquement 8 mois pour dénicher un nouvel appart’. Mais une fois le bail signé, ce fut plié en 2 semaines. Ouf !

Nouvel appartement, une oasis de zen.

Nous sommes les heureux locataires d’un palace, un appartement de 36 m. Notre cuisine salon est séparée de la chambre avec une paroi coulissante en verre dépoli. Cela laisse rentrer la lumière. D’autre part, nous sommes dans un quartier très résidentiel, au coeur de Tokyo. Nous avons la chance que notre coin d’immeuble ne donne que sur des maisons, ce que j’apprécie beaucoup !

Comme la plupart des appartements japonais, notre lieu de vie a des murs blancs et un parquet clair. J’y ai retrouvé un peu de paix et mon mari peut souffler pour sa bibliothèque. Une partie de ses livres sont dans des boites de rangement, tandis que ceux qu’il souhaite consulter dans l’immédiat sont à disposition sur notre étagère.

En effet, un moyen de bien ranger nos affaires en prenant un minimum de place tient à ces grandes boites que l’on peut empiler. Certaines marques sont assez coûteuses. Néanmoins, on peut en général les glisser un peu partout et gagner de la place. J’essaye de faire le tri au maximum afin que nous nous y retrouvions aisément.

Gérer le minimalisme japonais au quotidien

Au fond, le plus dur pour moi, c’est d’avoir des objets dont nous ne nous servons plus – ou quasiment plus, tout en sachant qu’ils ont coûté cher, par exemple nos dictionnaires électroniques et appareil photo. Ou encore, des objets qui peuvent avoir une valeur un jour (vieilles consoles) ou être encore utiles (mes livres de japonais). Sinon, il s’agit surtout pour moi de faire attention à garder mon appartement désencombré et de ne pas acheter des choses que je regretterai !

Bienvenue chez moi

Mon appartement se compose d’une petite entrée, donnant sur deux placards, nos toilettes puis la salle de bain ainsi que la cuisine.

Dans mon entrée, je ne laisse jamais trainer les chaussures, ni les poubelles. Je conserve cet espace facile d’accès et propre. Nous y avons aussi deux placards. Un pour les chaussures puis un vaste rangement dans lequel je peux stocker beaucoup de boites de rangement. Bien que je ne sois pas enthousiaste de l’effet d’entassement qui y règne, il faut bien pouvoir conserver les papiers importants, le nécessaire pour faire le ménage etc.

C’est la première fois que j’ai des toilettes séparées de la salle de bain. C’est vraiment (très) appréciable. Malgré que nous y ayons une étagère, j’évite d’encombrer cet espace avec trop d’objets. J’ai donc ainsi opté pour un livre et un peu de décoration avec des plantes.

Ensuite, une porte coulissante mène à la salle de bain. Cette dernière est petite, mais vraiment très fonctionnelle. Afin d’apprécier cet espace, je ne laisse rien trainer sur le rebord du lavabo. J’y ai installé un meuble à linge. Pratique, il permet d’entreposer les vêtements pour le lendemain, les serviettes propres (bas) et le linge sale (en hauteur).

Une cuisine pratique

Comparée à la précédente, notre cuisine est vraiment chouette ! Certes, le style rappelle un peu les années 70, mais passons. J’essaye de laisser le plan de travail toujours dégagé. Honnêtement, ce qui m’embête surtout est le mur blanc si près de la cuisinière à gaz puisqu’il est difficile d’éviter les tâches…

Notre cuisine est aussi notre salon et salle à manger. La pièce n’est pas très grande, néanmoins elle reste éclairée et agréable avec les deux fenêtres. J’ai glissé tout ce qui est box internet sous le canapé, en m’assurant de laisser la ventilation ouverte et un peu d’espace entre le canapé et le mur. Afin de rester zen, je ne laisse rien sur notre petite table.

Un espace ouvert

Notre chambre peut être complètement ouverte sur l’espace cuisine, c’est pourquoi il est important pour moi de garder les deux espaces très propres et ordonnés.

Mon oasis

Ce qui me plait le plus, c’est la luminosité de cette pièce. J’adore me réveiller avec le soleil le matin ! Le balcon est un peu trop étroit à notre goût. Néanmoins il est parfait pour mettre le linge à sécher. En définitive, après maintes tergiversions, j’ai opté pour glisser notre étagère dans notre grand placard. À ma grande surprise, non seulement mes cubes y rentrent comme un gant, mais toutes nos affaires tiennent encore !

Le minimalisme japonais… Ou d’ailleurs !

En fin de compte, le minimalisme est surtout une philosophie et une manière de vivre qui encourage à se détacher du matériel, à consommer moins et à mieux respecter son espace. Dans l’ensemble, j’ai gagné en qualité de vie à moins posséder et à mieux apprécier le minimum. Ce, d’autant plus que l’espace à Tokyo est vraiment quelque chose de précieux. Mon mari n’est pas le moins du monde passionné par la question, mais au fond, il apprécie mon organisation et me surnomme la Tetris Master. Heureusement, côté consommation, il est sur la même longueur d’onde. Je râle toujours un peu quand il ramène 10 nouveaux bouquins à la maison, cependant je lui trouve toujours de la place !