Les motifs de refus du visa étudiant en école de japonais

refus visa étudiant

N'ayant jamais eu à passer par un visa d'études au Japon, je n'imaginais pas à quel point l'immigration japonaise pouvait être pointilleuse. J'aurai dû m'en douter ! Découvrez avec moi la liste des obstacles pouvant amener un refus de votre visa étudiant.

Voilà 2 mois que je travaille à GPlusMedia au sein du service GaijinPot Study. C’est un service aidant les étudiants étrangers à s’inscrire en école de japonais et les accompagnant dans leur démarche de demande de visa étudiant. Notre objectif est bien sûr l’obtention du visa garantie pour tous nos étudiants… Cependant, l’immigration reste souveraine ! Il est important pour nous de bien connaître les motifs de refus du visa étudiant. Mon collègue, certifié par l’immigration japonaise, m’a formée aux principaux problèmes qui peuvent entraîner un rejet. Frissons garantis !

Avez-vous fourni tous les documents requis ?

Tout d’abord, sachez que l’immigration japonaise, friande de paperasserie, envoie chaque année une mise à jour des documents requis pour le visa étudiant. Ce manuel d’une trentaine de pages à destination des écoles, liste toutes les consignes à suivre. Il inclut des précisions quasiment au cas par cas selon certains pays. Ainsi, pour 7 pays en particulier (dont le Népal, le Vietnam, la Chine…) la procédure de demande de visa étudiant est un véritable parcours du combattant, avec une liste longue comme le bras de pièces justificatives et d’attestation à fournir.

Par ailleurs, l’immigration japonaise y précise la liste de documents à fournir selon le niveau d’accréditation de l’école. En effet, elle fait confiance aux bonnes écoles. Celles dont les élèves sont assidus et présents en cours à 99,9%. En revanche, elle punit les mauvaises écoles. C’est à dire celles dont les élèves sont régulièrement absents. Pensez-y à deux fois la prochaine fois que vous avez envie de faire une grasse matinée et de ne pas aller à l’école ! Plus de deux ou trois absences d’un élève et l’école se retrouve à le justifier auprès de l’immigration. Pour éviter de perdre leurs bons résultats, certaines écoles vont jusqu’à envoyer leurs employés chercher les élèves chez eux pour les traîner en cours.

Votre liste de pièces justificatives dépend d’une part de votre école. Et elle est susceptible de changer d’une année d’une année sur l’autre. Ne cherchez pas à savoir ce que vous devez fournir sur les forums, les informations pourraient être obsolètes.

D’autre part, elle depend aussi… De votre profil. Ainsi, si vous avez déjà tenté de partir au Japon avec un visa étudiant mais que pour une raison ou une autre vous n’avez pu partir, ou votre visa a été refusé, les documents à donner sont bien plus nombreux.

Donc…

… Assurez-vous de bien communiquer avec votre école pour rassembler absolument tous les documents requis. Voir plus, dans votre cas précis. La langue doit être le japonais ou l’anglais ce qui implique d’avoir à fournir une traduction soignée. Heureusement, vous pouvez le faire vous-même.

… Vos documents ont-ils l’air véritables ?

On vous arrête tout de suite. Déjà, certains papiers officiels ont l’air suspect, alors n’essayez même pas de fournir des faux. L’immigration analyse avec suspicion tous les documents. Malheureusement pour les étudiants, les officiers font des recherches précises pour vérifier leurs informations. Assurez-vous que vos documents n’aient pas de faute ou d’incohérence et qu’ils aient des en-têtes, tampons ou signatures.

Une seule école, choisir vous devez. 

Cette situation ne m’aurait jamais effleuré l’esprit. Mais certains étudiants, soucieux de mettre toutes les chances de leur côté, s’inscrivent à plusieurs écoles de japonais. Le problème ? Cela entraîne plusieurs demandes de visa. Imaginez un peu le bordel à l’immigration lorsque les officiers réalisent que plusieurs dossiers ont été traités pour une même personne. C’est d’autant plus la cata si ceux-ci sont traités par des bureaux régionaux différents, genre Kanagawa et le Kansai. Bref, carton rouge pour le malheureux qui croyait bien faire et retour à la case départ. En prime, l’immigration s’en rappelera. Pendant des années.

Avez-vous rempli avec soin votre formulaire d’inscription ?

Je suis allergique aux papiers. Je comprends l’envie de vouloir remplir son formulaire viteuf pour aller prendre un verre en terrasse. Malheureusement, c’est sans compter avec l’amour de l’immigration japonaise pour la précision. Et quand je dis la précision, je pense à millimètre, sniper et chirurgie. Une erreur de date sur votre rentrée en maternelle et les officiers tournent berserk. Je rigole à peine.

En effet, une erreur peut non seulement entraîner le refus de visa étudiant, mais si ledit visa est délivré avec une faute, il devient nul ! C’est pour cela qu’on demande aux étudiants de vérifier trois à quatre fois le formulaire, que l’on vérifie nous-mêmes à plusieurs reprises avant de l’envoyer à l’école. Qui revérifiera avant avant de déposer un dossier. Le comble ? L’immigration elle-même n’est pas à l’abri d’une erreur dans un nom, un prénom ou une date de naissance. Cependant dans ce cas, ils ne font pas les fiers et délivrent un nouveau visa rapidement.

Votre garant a-t-il l’air stable ? Avez-vous assez de pépètes pour ne pas finir à la rue au Japon ?

Bien sûr, l’argent, nerf de la guerre, compte pour beaucoup dans la réussite d’une demande de visa. Bien que l’immigration n’affiche pas officiellement de montants précis, nous savons que les officiers exigent des garanties financières solides. En particulier, ils s’intéressent de très près aux revenus annuels, à la somme en votre disposition pour votre séjour et au contexte familial.

Si vos parents peuvent vous soutenir et travaillent, bingo, cela devrait être facile. Si vos parents peuvent vous soutenir mais que vous avez 10 frères et soeurs, ouille, cela se complique. Évitez les parents éloignés ou * choc * une personne qui n’est pas légalement de votre famille (exit le petit copain ou la fiancée !). De même, un garant vivant au Japon est synonyme de galère. Les officiers de l’immigration sont en terrain connu. Ils peuvent estimer au yen près si votre garant peut réellement assurer vos dépenses. Si vous pouvez mettre tout votre argent sur la table et vous passer de garant, cela passe aussi, à condition que vous ayez un compte en banque bien fourni !

Êtes-vous (vraiment) motivé.e ?

Alors, cela devrait être une évidence, mais si vous partez au Japon pour X raisons autres que l’apprentissage du japonais, ne le dites pas. Vous sortez avec un japonais, vous avez des contacts pour un futur boulot ou vous souhaitez tourner un film au Japon ? Ce sont autant de raisons valables à mes yeux, mais elles n’ont rien à voir avec l’apprentissage du japonais pour l’immigration.

L’immigration japonaise est très, très tatillonne sur ce sujet. Encore hier, j’apprenais qu’une copine a vu son visa de tourisme rejeté. Et cela pour la simple raison qu’elle a précisé vouloir accompagner son mari en déplacement professionnel. Pour l’officier « accompagner le mari » ≠ « tourisme » = rejet. Elle aurait dit qu’elle voulait voir tous les temples de Tokyo, elle l’aurait probablement eu. Eh bien pour le visa étudiant en école de japonais, c’est peu ou prou le même schmilblik.

Sortez les violons.

Parlez de votre amour de la langue, de votre envie d’approfondir un apprentissage débuté en France, de la culture fascinante du Japon. Soyez bien sûr le plus sincère possible – avec des trémolos à travers les lignes.

Soyez aussi cohérent. Si vous êtes débutant et que vous choisissez 6 mois de visa, ne dites pas que vous souhaitez travailler ou poursuivre des études supérieures au Japon. En 6 mois, vous n’aurez jamais le niveau nécessaire pour entrer dans une université ou une entreprise aux yeux de l’immigration. Si vous n’êtes pas sûr de vouloir partir plus de 6 mois, vous pouvez parfaitement alors indiquer que vous « souhaitez découvrir et apprendre. Et si cela se passe bien, vous songez à étendre votre séjour ».

Si vous n’avez aucun diplôme universitaire et peu d’expérience professionnelle (par exemple pour une année de césure après le baccalauréat ou une année de licence), ne dites pas que vous souhaitez trouver du travail au Japon par la suite – vous n’êtes (probablement) pas qualifié pour un visa de travail. Mentionnez que vous souhaitez y poursuivre des études !

Remarque : gardez en tête que pour un visa de travail vous devez avoir au moins une licence universitaire ou niveau équivalent ou 10 ans d’expérience professionnelle ou des compétences particulièrement rares et prisées. Que vous ayez un employeur vous soutenant ou non, si vous ne réunissez pas l’une des conditions ci-dessus, votre demande de visa de travail sera rejetée.

Faisons le point…

Je pense avoir résumé les motifs de refus du visa étudiant les plus communs. Malheureusement l’immigration n’est pas toujours fair-play. Mon collègue a précédemment travaillé dans une école et a mentionné un cas de refus parce que l’immigration jugeait les « motivations » pas assez sérieuses. Outch.

Cependant, no panic, surtout pour les étudiants français !

Vous êtes en moyenne 160 à 170 par an (au total, pour tout le Japon !). C’est un poil triste à dire mais l’immigration japonaise regarde donc d’un oeil moins strict les demandes de français que d’étudiants asiatiques.

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2 Comments

  1. Répondre

    M.G

    17 mars 2018

    Les mêmes regles semblent s’appliquer sur le PVT également. Je leur avait posé quelques questions pour mon dossier et ils m’avaient indiqué, en plus de ce que tu soulignes :

    * ne pas dire que j’alllais plus de 3 mois à l’ecole.
    * omettre le fait qu’en je continuerai à travailler en télé travail pour mon employeur en France (même si ce n’est que pour deux heures par jour) parce qu’en tu comprends, c’est pas du tourisme :D.

    Au final on en est tous à faire des dossiers un peu bidonnés ! Mais j’ai eu l’impression qu’au final le plus important était bien le compte en banque. Sur les dossiers devant moi ça se semblait etre la seule question posée :o.

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