Dur de faire le tour de la gastronomie japonaise et d'aborder toutes ses subtilités en un article. Je préfère ici vous parler de ces aliments et plats du quotidien que j'apprécie vraiment depuis que je suis au Japon !

Honnêtement, je serai bien incapable de parler en profondeur de gastronomie. Fâchée depuis toujours avec mes poêles et les spatules, je suis à la cuisine ce qu’est l’eau à l’huile. Un mauvais mélange. Du coup, c’est avec pragmatisme que je vais parler de nourriture japonaise. C’est-à-dire en mentionnant mes plats ou aliments préférés !

Tuons le mythe de la nourriture japonaise saine

La prochaine fois qu’un magazine féminin vous sort un article régime spécial Japon, foutez-y le feu. Déjà, les japonaises pensent que pour maigrir, il ne faut manger qu’une fois par jour ou encore zapper le diner ou ne boire que de la bière. Le Japon n’échappe donc pas aux idées régimes farfelues qui par la suite influencent la presse féminine de mauvaise qualité.

Oui. Certains aliments et plats, dans une certaine mesure la gastronomie japonaise, sont très sains et bons pour la ligne. Loin de moi l’idée de nier cet aspect. Mais les japonais sont loin de manger ainsi tous les jours. D’une part, parce que la cuisine traditionnelle est loin d’être accessible à tous (pauvreté bonjour) et parce que les habitudes alimentaires changent (vite et bien même). L’influence américaine, l’industrialisation et la crise économique sont passées par là. Il n’existe donc, à mon sens, pas de nourriture « saine », mais des habitudes alimentaires saines (nuance !).

Se plonger dans l’histoire de la cuisine japonaise serait absolument passionnant et briserait probablement pas mal de préjugés. Par exemple, saviez-vous que les sushi étaient en réalité la cuisine « du pauvre », une forme de fast-food historique ? Que le riz complet était alors la norme et le riz blanc un riz de luxe ? Bref, là n’est pas le sujet de cet article… !

De manière générale, j’aime la nourriture japonaise avec modération

Je peux faire de la plongée, grimper des montagnes, camper dans un coin paumé ou partir dans des pays peu touristiques sans aucun souci. Par contre, quand il s’agit de mon assiette, mon côté aventurière en prend un sacré coup. Je rechigne un peu à goûter des choses que je juge bizarres ou pire, spongieuses, visqueuses ou encore potentiellement vivantes. Autant dire que la nourriture japonaise traditionnelle ne me convainc qu’à moitié !

Je me suis vite habituée aux sauces, légumes marinées, aux épices et à la majorité des légumes locaux. Le riz blanc a remplacé le pain, puis est venu le riz complet, appelé genmai. Incomparable, bien plus nourrissant (et cher, arg !) il accompagne mes repas maison. J’affectionne particulièrement les onigiri, ces boules de riz qui peuvent être parfumées avec de la prune, du poisson etc.

Nourriture japonaise - onigiri

Rien à signaler côté fruits, si ce n’est mon bonheur de dévorer des tonnes de kaki en automne. Même le nattô trouve désormais grâce à mes yeux (après une période d’essai de 4 ans). Je ne boude pas les sushi au thon et au saumon (je bannis tout le reste) mais suis bien incapable d’apprécier les sashimi. Les yakitori (brochette de poulet) et les ramens ne sont pas trop ma tasse de thé. Par contre, je raffole enfin de toutes les confiseries et patisseries traditionnelles japonaises, appelées wagashi.

Finalement, je bloque essentiellement sur les fruits de mer (iiirk), le poisson (iiiiirk) et pas mal de plats à base de viande (bêêêê). En effet, les japonais n’apprécient pas exactement les mêmes pièces de viande que nous et n’étant pas une grande amatrice de viande, je me suis retrouvée plus d’une fois à picorer dans mon assiette en attendant que repas se passe…

Heureusement, j’ai aussi de gros coups de coeur pour certains plats !

Le curry

Nourriture japonaise - Curry

Qu’il fasse froid, chaud, qu’il vente, qu’il pleuve, le curry japonais est mon plat préféré ! Ce plat diffère du curry indien en ce sens qu’il est considéré plus doux et que le mélange d’épices lui donne un goût différent. Le goût peut être doux (voir dit « sucré », pour les enfants) à épicé à très, très épicé. Bon, les indiens et les coréens s’en tapent encore la cuisse mort de rire, mais.

Il n’existe pas vraiment de recette particulière, car les japonais le cuisinent un peu à toutes les sauces. Le curry peut contenir plein de légumes et être végétarien ou au contraire, être bien gras, plein de viande (le porc, le plus souvent, mais aussi du poulet ou du boeuf). Le combo de légumes le plus commun est un ensemble oignon, patates et carottes. Le plus souvent accompagné de riz (alors, toujours légère la nourriture japonaise ?), le curry est encore meilleur le deuxième jour. Une bonne marmite et vous voilà paré.e pour plusieurs jours.

Au Japon, vous trouverez plusieurs franchises de curry japonais : Coco Ichibanya, Go! Go! Curry, C&C Curry Shop, Hinoya, etc. Les chaines de fast-food du style Matsuya ou Yoshinoya ne manquent pas non plus d’avoir des plats de curry. Par ailleurs, chaque ville ou région a ses propres chaines locales. Enfin, chaque quartier ne manque pas d’avoir un ou deux bons restaurants indépendants.

Mes bonnes adresses sur Tokyo :

Les soba

Nourriture japonaise - soba

Depuis que je vis au Japon, je ne passe pas un été sans manger de soba, ces nouilles de sarrasin très fines. Selon les régions, les soba sont plus ou moins bonnes. Depuis que j’ai gouté les nouilles dont la composition est à 100% de la farine de sarrasin, mon palais est aussi devenu un peu plus exigeant.

J’aime en particulier les zaru soba, c’est-à-dire séparées de la soupe. Saupoudrées de fines lamelles de nori (algues séchées), on trempe les nouilles de sarrasin dans une sauce appelée tsuyu, à laquelle on ajoute du wasabi frais et de l’ognon. L’eau de cuisson des soba est conservée pour être ajoutée à ce qu’il reste du tsuyu afin de faire une petite soupe. En effet, l’eau de cuisson est pleine de nutriments !

Mes bonnes adresses à Tokyo :

  • Kuzuryu (Kagurazaka)
    162-0825 Tokyo, Shinjuku, Kagurazaka, 3 Chome−3

Les tempura

Souvent, un plat de soba peut être accompagné de tempura, c’est-à-dire des beignets de légumes, Nourriture japonaise - Tempurade poissons ou de fruits de mer.

La pâte à frire est très fine et il est vraiment important que le restaurant utilise une bonne huile et maitrise la cuisson à la perfection.

L’omelette roulée

Appelée dashi maki tamago, l’omelette japonaise est faite avec de la sauce soja et du dashi, puis roulée dans une poêle spéciale rectangulaire.

Mon adresse favorite sur Tokyo :

  • Chez moi (désolée !)

La recette dite « omeraisu » (omelette + riz) ou encore « omurice » selon la transcription choisie en français, est aussi un combo bien appréciable. Il s’agit d’une omelette repliée sur elle-même avec à l’intérieur du riz et du poulet. Elle est assaisonnée avec du ketchup.

Mon adresse favorite sur Tokyo :

Le tofu

Nourriture japonaise - tofu

Oubliez tout ce que vous avez pu goûter en France. Le tofu est un délice qui se cuisine à toutes les sauces et se prépare de bien des manières.

C’est bien ce que je préfère dans la nourriture japonaise ! Qu’il soit en soupe miso, fris, en salade, mijoté ou encore roulé avec du porc, le tofu frais me manque dès que je quitte le Japon. Il m’arrive même de le manger tel quel, juste avec un peu de sauce soja et du wasabi.

Mes bonnes adresses sur Tokyo :

La patate douce grillée

Je raffole de patate douce grillée, en été comme en hiver, bien que cela soit plutôt une nourriture japonaise à savourer lorsqu’il fait froid. Cela va vous surprendre, mais il existe une variété affolante de tubercules dans cette catégorie. Au Japon, on en retrouve 5 principales dont je suis bien incapable de trouver l’équivalent français ou anglais. Faites moi signe si vous en avez une idée !

Nourriture japonaise - patate douce

  • シルクスイート : Sweet silk
  • 鳴門金時 : Naruto Kintoki
  • 紅あずま: Beni azuma
  • 紅はるか : Beni haruka
  • クイックスイート : Quick Sweet

Celle que je dévore avec plaisir le plus souvent est la beni haruka. C’est en effet celle que je trouve le plus facilement grâce à la chaine de supermarché Maruetsu, présente un peu partout à Tokyo. Les supermarchés ont des petits fours et toutes les heures ils sonnent pour annoncer la fin de la cuisson d’une tournée de patates douces.

Mes bonnes adresses à Tokyo :

Le porc pané

Nourriture Japonaise - Tonkatsu

Le porc pané, tonkatsu en japonais, est un plat que j’affectionne particulièrement. Servi accompagné d’une soupe miso et de riz, c’est un repas assez riche. À réserver pour les grosses faims après avoir crapahuté dans Tokyo.

Le plus souvent, nous achetons simplement le porc à emporter et nous préparons le reste du repas à la maison. Si la chapelure ou l’huile de cuisson ne sont pas très bonned, le tonkatsu peut vite être écoeurant et gras. Mieux vaut se faire plaisir dans un bon restaurant en payant certes un peu plus cher que dans une chaine de fast-food.

Ma chaine favorite à Tokyo est la chaine Tonkatsu Wako. Vous pouvez manger sur place ou à emporter. Ils vendent aussi leur propre sauce Worchester, à se rouler par terre tellement qu’elle est bonne.

  • Tonkatsu Wako (Shinjuku)
    SUBNADE 1 B1, 1 Kabuki-cho, Shinjuku-ku, Tokyo, 160-0021 Japan

 

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5 Comments

  1. Répondre

    Isako

    31 juillet 2018

    Moi mon problème, c’est que j’aime à peu près tout !
    Sauf les abats ( motsu-nabe, beurk !) et de moins en moins la viande surtout le bœuf.
    Sinon j’adore le poisson cru (beaucoup plus que le poisson grillé) et les crustacés, donc je suis très heureuse ici et surtout dès que je vais dans une vraie sushiya
    J’ai un faible pour les nimono également, tous ces plats mijotés traditionnels légèrement sucrés-salés et surtout ceux que la grand-mère de mon mari fait. C’est un goût qui réchauffe le cœur autant que le corps en hiver.
    Ça et une bonne miso bien sûr.
    J’adore les zaru soba également et presque tout ce qui est nouilles froides à tremper ( mais le goût de sarrasin me fait fondre, j’adore d’ailleurs le soba cha, le thé au sarrasin qui a un vrai goût de sarrasin ). (NB: je suis bretonne d’origine donc les fruits de mer, poissons et le sarrasin, c’est toute ma vie ha ha ! Il manque juste le beurre salé )

    Par contre, je n’aime pas les ramens. Je peux en manger mais le ratio plaisir /calories ne vaut vraiment pas la peine en ce qui me concerne.
    Je confirme qu’il est très facile de grossir au Japon ( surtout les premiers temps, après on se lasse et la bouffe de konbini finit par dégoûter en effet ) donc je fais toujours attention à ce que je mange et ainsi j’ai même réussi à maigrir tout en me faisant plaisir.
    Car j’aime aussi TOUS les wagashi et le mochi sous toutes ses formes.
    Heureusement j’adore les fruits ( les pêches japonaises ) et je mange beaucoup de légumes, c’est mon petit luxe ici.
    Le riz bien sûr est sublime (onigiri compris), et les tempura aussi. Bref il reste peu de choses que je n’aime pas. En fait si, toute la junk food, les trucs frits, les saucisses non identifiées et leurs versions des gâteaux occidentaux (les Mont Blancs japonais avec une base de génoise au lieu de la meringue ! Crime de lèse majesté !!).

    Bref, je suis assez comblée en vivant ici et quand j’ai envie de goût plus français ( ou italien souvent) je cuisine à la maison ou vais m’acheter une bonne baguette quelque part pour commencer.

    Une dernière réflexion personnelle, je suis toujours étonnée ( et souvent agacée) par le fait que les Japonais qui ont un palais si subtil en ce qui concerne leur propre cuisine traditionnelle, aient assimilé de la pire des manières la cuisine «occidentale » ( je sais qu’il y a des raisons historiques et je vois qu’il y a souvent une certaine nostalgie de plats qui étaient considérés un luxe et certainement nouveaux et excitants après la guerre , mais pourquoi sont-ils restés bloqués à cette époque ? La culture américaine a fait de vrais dégâts …).
    Exception faite pour les tempura à l’origine un plat portugais qui ont été merveilleusement assimilés. Mais là, on remonte bien plus loin !
    Bon appétit !

    • ameliemarieintokyo

      1 août 2018

      Quel beau commentaire ! Merci beaucoup de ce partage. Je suis tout à fait d’accord avec la dernière réflexion au passage. Et je ne peux qu’être à 100% du même bord lorsqu’il s’agit de parler de wagashi et mochi. Un véritable délice avec du bon thé.

  2. Répondre

    Lila Sah

    18 juillet 2018

    Olalala je suis une grande fan de Soba également. J’ai trouvé un resto au hasard à Tokyo, j’y suis allé 2 fois !
    C’étai à Shybuya, mais je ne me souviens plus du nom ! J’y retourne dans 2 semaines, je noterai le nom et l’adresse exacte !

  3. Répondre

    Kmille (@CamilleKmil)

    10 juillet 2018

    Au cours de mon dernier voyage… + 4kg! Avouez que c’est fort en 1 mois! XD Donc non pas obligatoirement de la nourriture saine et diet parce que l’on est au Japon, mais bien des habitudes saines à prendre ( et conserver!) Pour une accro au sucre qui se soigne comme moi le souci c’est la tentation omniprésente 24h/ 24h. Melon pan, Wagashi, crêpes, pancakes, chocolats, glaces etc… Je craque un peu trop souvent et facilement! Ajouter à cela les udon et tempura dont je raffole et vous avez le combo gagnant! Heureusement pas de viande pour moi et je suis également incapable de manger du poisson ou des crustacés crus, donc pas de tentation de ce côté là. Je me fais aussi très plaisir avec le tofu et le konyaku, et sans culpabiliser cette fois!
    Merci pour les adresses!

    • ameliemarieintokyo

      17 juillet 2018

      C’est difficile hein ? Les conbini c’était vraiment mon « enfer » personnel jusqu’à ce que je sois à peu près dégoutée de tout ce qu’ils vendent (ça fini par venir x’)). J’espère que ce furent des kilo « voyage » rapidement éliminés lors du retour en France :).

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