Conseils pour lire des livres en japonais

Apprendre une langue étrangère permet de s'ouvrir à une autre culture, une autre manière de voir et de penser le monde. Rien de telle que la lecture en version originale pour explorer toute la richesse d'un peuple. Cependant, l'apprentissage du japonais implique une mémorisation importante du système d'écriture ce qui freine souvent les apprenants dans leur envie de lire. Je vous donne ici quelques conseils pour vous essayer à la lecture de livres en japonais.

Lorsque je suis arrivée au Japon, en 2013, je n’avais quasiment aucune base de japonais. Mes précédents voyages et mes passe-temps (manga, jeux vidéo, animation) m’avaient bien armée de quelques notions comme le système d’écriture et le fonctionnement de la langue. Mais c’était bien insuffisant. Pendant des années, je n’ai pu traverser une librairie sans être frustrée de ne pouvoir acheter des livres en japonais.

Toutefois la lecture est bien évidement essentielle à l’apprentissage d’une nouvelle langue. Les manuels de japonais, s’ils comportent toujours des petits textes et des dialogues, ne permettent pas une aussi bonne progression qu’avec des livres en japonais. En réalité, lire en japonais est accessible à tous les apprenants. Il faut surtout s’armer de patience et choisir en fonction de son niveau.

À partir de quand peut-on lire des livres en japonais ?

Savoir lire les hiragana et katakana est évidement un prérequis. Cependant, la lecture peut être abordée dès le premier niveau du JLPT (Japanese language proficiency test), le N5 (les niveaux allant de N5 à N1). Ne vous attendez pas à  de la littérature, des romans passionnants et des ouvrages de science fiction prenants. Non, on se situe plutôt au niveau de l’Âne Trotro, Choupi, Babare et compagnie. Bonne nouvelle, vous allez consolider votre connaissance du vocabulaire de la vie quotidienne et comprendre la grammaire japonaise simple en contexte. Au fur et à mesure de votre progression, vous aurez la joie de lire des livres de plus en plus denses. Le graal, la lecture fluide de n’importe quel texte, n’est pas impossible mais demande d’être persévérant  dans son apprentissage – notez que je suis loin d’y être !

Plaisir ou étude ?

La progression en lecture et les stratégies choisies dépendent de vos préférences. Personnellement, je souhaite me faire plaisir en lisant et non pas passer 2 heures à me battre avec la moitié des mots d’une page. J’abandonnerais bien vite le livre. Par conséquent je cherche des lectures à mon niveau ou légèrement plus faciles, afin de privilégier la révision et me donner l’habitude de lire en japonais.

Certains au contraire, verront dans un texte difficile le meilleur moyen de mémoriser des mots nouveaux. Ils apprécieront de chercher chaque mot inconnu, de les prendre en note, d’en décomposer les kanji.

Le niveau de grammaire est parfois presque plus important que la connaissance avancée des kanji. Un texte est bien plus facile à décrypter si l’on comprend les expressions utilisées quand bien même le vocabulaire nous échapperait. En revanche, connaître les kanji mais ne pas réussir à suivre l’articulation me semble une moins bonne condition pour profiter de sa lecture.

Les livres pour tout-petits (N5, N4)

Les livres en japonais pour les enfants de 1 à 6 ans sont parfaits pour les débutants – si l’on fait abstraction des scénarios qui n’emballeront pas des masses les adultes. Les caractères sont imprimés en gros et espacés. Les hiragana/katakana sont privilégiés et les kanji absents ou très rares. L’imagerie est vraiment importante à ce niveau, car même en connaissant tous les mots d’une phrase, le sens ou la situation peut encore nous échapper. La grammaire est standard et correspond de manière générale à la grammaire vue en cours de japonais pour débutant.

Les livres pour les écoliers (N4/N3)

Lorsque les japonais entrent à l’école primaire, ils sont pour la majorité déjà capables de lire les hiragana et katakana. L’apprentissage des kanji commence dès la première année et suit un ordre de progression très précis. Le rythme est plutôt intense: 80 kanji en première année, 160 la suivante, puis 200 en troisième et quatrième année, enfin aux alentours de 180 pour les deux dernières années d’école primaire japonaise.

Les livres sont donc précisément classés par année d’école afin d’être en phase avec leur niveau de lecture. Les premières années de primaire sont faciles pour les apprenants de japonais. En revanche, les années 5 et 6 (CM2/6ème) sont parfois moins accessibles. En effet, l’apprentissage des kanji pour les étrangers ne suit pas l’ordre scolaire japonais. La meilleure option est de pouvoir feuilleter les livres avant achat afin de s’assurer d’être en mesure d’en lire au moins une bonne partie. Ainsi, il est important de vérifier aussi la présence de furigana. Ce sont des kana écrits à côté d’un kanji pour en expliquer la lecture. Sans ceux-ci, chercher du nouveau vocabulaire peut prendre plus de temps et décourager.

Comment s’y retrouver avec les livres pour enfants ? 

Rien de plus simple, pour s’y retrouver en librairies ou sur internet, il suffit de comprendre cette classification.

Les manga « scolaires » pour les écoliers (N3)

L’avantage des manga est bien sûr encore une fois un support imagé pour comprendre le contexte. Les séries à destination des écoliers sont d’autant plus intéressantes que l’on peut combiner l’apprentissage du japonais avec des éléments culturels. Les maisons d’édition japonaises ont clairement trouvé un filon juteux en publiant des séries entières rendant ludique l’apprentissage de l’histoire, la géographie, les mathématiques etc. Autant les mathématiques du primaire me laissent moyennement convaincue, autant découvrir la géographie du pays ou son histoire en japonais est intéressant pour le vocabulaire et mes connaissances personnelles.

Question niveau de japonais, cela se corse. Un apprenant de niveau N4 pourrait vouloir s’y attaquer à l’aide d’un dictionnaire. Néanmoins, même en ayant un niveau N3 ces ouvrages ne sont pas toujours évidents : les noms et le vocabulaire spécifique à certaines matières sont autant d’obstacle à une lecture fluide.

Les mangas (N3/N2/N1)

C’est avec les manga que j’ai vraiment commencé à lire en japonais. Le manga, comme les animes et les dramas, est une excellente source complémentaire d’apprentissage. Le japonais vu en cours inclut rarement la langue telle qu’elle est parlée dans la rue. Une conversation naturelle de japonais ne se retrouvera jamais dans les manuels. La difficulté de ce support cependant, réside dans les libertés prises par l’auteur quant à la langue. Introduction de nouveaux mots, de verlan ou encore de dialectes, peut rendre la lecture difficile voir des passages incompréhensibles. J’ai souvent fait appel à mon mari pour comprendre tel ou tel dialogue, parce que même avec l’image, le sens m’échappait.

Mes débuts furent modestes avec des manga pour adolescent (collège). C’est à dire principalement des shonen (少年) et des shojo (少女) ayant des furigana pour les kanji jugés encore difficiles pour les adolescents. Les manga les plus faciles sont en général ceux qui traitent de la vie quotidienne, de l’école, des amitiés et du sport. Le vocabulaire est très proche de ce que les apprenants de japonais voient en cours.

La récurrence de certains thèmes est très appréciable car on retrouve vite le même vocabulaire. Je ne m’attarde pas à chercher des nouveaux mots lorsque je lis. Cependant, si je bute à plusieurs reprises sur un même kanji, une même expression ou mot, je vais le chercher et le mémoriser justement à cause de cette répétition.

C’est en atteignant le niveau N2 que j’ai pu m’attaquer à des manga pour un public plus âgé et vraiment me faire plaisir. C’est le support parfait pour apprendre le japonais lorsque l’on est fatigué de prendre des cours ou de potasser des manuels.

En revanche, certains manga peuvent rester difficile d’accès en raison de leur univers. Je pense notamment à la science fiction. J’ai eu un mal fou à finir les Chevaliers de Sidonia en raison du vocabulaire scientifique inventé (mais j’ai adoré ma lecture en japonais, je recommande !) ainsi que Tokyo Ghouls.

Les romans pour adolescent (N3/N2)

Les manga sont un très bon outil pour apprendre et se détendre en même temps. Pourtant, il arrive un point dans son apprentissage où il faut se pousser à ne plus s’appuyer sur l’image. Être capable de lire et de comprendre un livre seulement par le texte est un vrai plaisir. Je suis certaine que beaucoup d’apprenants en sont capables. Mais ne le réalisent pas simplement parce qu’un livre en japonais les impressionnent.

Mon mari qui m’a trainée un jour du côté des livres pour adolescents pour faire découvrir une série absolument géniale, les « 5分後 » (5 minutes après). Ce sont des recueils de nouvelles – parfois des classiques étrangers raccourcis, selon des thématiques diverses : se faire peur, pleurer, être surpris. Le concept est de finir chaque nouvelle en 5 minutes et de ressentir cette émotion.

Ce sont des livres parfaits pour s’habituer à lire à la verticale de droite à gauche. Les mots compliqués sont accompagnés de leur prononciation. Je préconise à un apprenant de niveau N3 d’avoir une grammaire de japonais pour profiter d’apprendre de nouvelles structures ou expression. Au niveau N2, la lecture est vraiment agréable. Pour les premiers livres, il me fallait bien 20 minutes par histoire. J’ai pu m’améliorer et je tourne plutôt aux alentours de 10 minutes.

Les livres sur le japonais pour les apprenants (N2/N1)

Vous seriez surpris de savoir que pas mal de livres sur la langue japonaise sont écrits de manière claire et accessibles pour les apprenants.

Par exemple, le très bon ouvrage 日本人の心がわかる日本語. Ce livre explique des aspects essentiels de la culture japonaise en particulier des relations humaines, à travers le contexte de la langue.

J’ai aussi trouvé la lecture de もう一度学ぶ日本語 très intéressante.

Les light novels (N2/N1)

Ces romans destinés à de jeunes adultes sont écrits dans un style distrayant et plus facile (mais pas que). Ils deviennent accessibles à partir d’un bon N2, voir N1. Il ne faut vraiment pas avoir peur d’essayer et parfois, de parcourir un light novel en diagonal, quitte à revenir en arrière ou à refaire une lecture. J’avoue en avoir commencé beaucoup sans jamais vraiment les finir, faute de temps. Cependant, je suis certaine que ce sont des livres en japonais qui peuvent motiver à lire.

Les livres pour apprenants (N5/N4/N3/N2/N1)

Enfin, pour une lecture encadrée et une progression plus précise, il existe bien sûr des ouvrages spécifiques. Le plus connu est Japanese graded readers. Ces livres offrent plusieurs de niveaux de lecture avec une grille de vocabulaire. Que les illustrations dignes des manuels soviétiques des années 60 ne vous y trompent pas. Le contenu est vraiment très bon et très apprécié des étudiants de japonais.

Pour ceux qui souhaitent améliorer leur lecture des journaux, le Japan Times a fait un excellent manuel d’apprentissage bien que datant un peu. Cela fournit un bon entrainement pour s’habituer à lire la presse.

Autre très bon support pour lire la presse, NHK News Easy, dont les articles sont simplifiés et à destination des apprenants. Un grand merci à Philippe (Twitter) pour cette excellente référence. Lorsque de la rédaction, je n’ai pas inclus de ressources de lecture sur internet. Toutefois, NHK News Easy est vraiment parfait pour s’initier à la lecture.

Les livres dont vous connaissez déjà la trame narrative (tous niveaux)

Laetitia (Facebook) m’a laissée un commentaire particulièrement intéressant. En effet, elle conseille de prendre des livres en japonais destinés aux enfants dont vous connaissez le scénario. Par exemple, ce peut être Le Petit Prince ou des romans basés sur les films d’animation Ghibli (Totoro, Kaguya…). La connaissance de la trame narrative permet de mieux identifier les mots inconnus en fonction du contexte et de ce que l’on sait de l’histoire. Parfait pour apprendre du nouveau vocabulaire !

Où se procurer des livres en japonais ?

Au Japon, vous avez l’embarras du choix. 

À la bibliothèque

Repérez la bibliothèque la plus proche de chez-vous et faites vous un abonnement pour pouvoir emprunter des livres. Si vous avez une chouette bibliothèque municipale, profitez-en et lisez sur place, loin des distractions.

En librairie

Le Japon ne manque pas de librairies et celles-ci sont en général très bien achalandées. Il est plus facile de se retrouver dans les rayons, mais aussi de faire des découvertes, car les nouveautés sont bien mises en avant. Cependant, l’achat de livres neufs est un budget assez lourd, en particulier pour les étudiants.

Book Off

Rapport qualité/prix, je ne sais pas si on trouve mieux que Book Off (je suis preneuse de références en commentaire !). Cette chaine de produits d’occasion est une mine d’or pour les livres. Le site internet permet d’ailleurs de faire des recherches sur les livres disponibles et de les commander. En général, les livres y sont vendus entre 100 et 500 yen.

En ligne

Amazon Japon

La navigation sur Amazon Japon est certainement plus facile que sur le site de Book Off ou des librairies les plus importantes. Autre avantage, la possibilité d’acheter en format digital pour ceux qui auraient une liseuse, en version papier neuf ou d’occasion. Nous achetons beaucoup de livres d’occasion via ce site marchand et nous n’avons jamais eu de mauvaises surprises. En bonus, vous pouvez-vous essayer à la lecture des commentaires japonais, qui sont parfois totalement à côté de la plaque. Si vous commandez depuis la France, attention aux frais de port !

White Rabbit Japan

Ce site marchand anglophone est spécialisé dans l’export de livres en japonais dans le monde entier. Les frais de port sont moins élevés qu’Amazon Japon.

À Paris/en ligne (France)

Difficile de faire mieux que Junku ! Si vous êtes à Paris, l’accès est par ici. Le site internet offre un vaste choix de livres. Il me semble que les frais de port sont raisonnables.

N’hésitez pas à partager ci-dessous vos bons plans ainsi que vos conseils de lecture !

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15 Comments

  1. Répondre

    Marjorie

    20 avril 2018

    L’article qui arrive avec 4 jours de retard, j’ai pas de bol ! XD j’ai ressenti la terrible envie de lire en japonais, quelque chose qui serait plus sympa que mon みなの日本語. J’ai erré, erré, cherché des idées sur internet et encore erré… Finalement j’ai opté pour Doraemon qui était fort plébiscité sur le net français et Cars Captor Sakura parce que… Ehm…. 😀 Bon, c’est un peu dur mais c’est je connais l’histoire, j’aime cette série et il y a des images alors j’avance pas trop mal (j’ai lu 3 pages youhouuu xD)
    Bon, je dois avouer que j’ai la chance d’avoir une fille de deux ans, et ça aide beaucoup pour la lecture. Il était hors de question de ne pas la mettre en contact avec, donc il a bien fallu acheter des livres pour enfants en japonais et les lui lire ^^
    En tout cas merci pour tout ces précieux conseils, ton article est vraiment très complet c’est génial. Hop dans les favoris !

    • ameliemarieintokyo

      24 avril 2018

      Mieux vaut en retard que jamais :D. Doraemon est vraiment pas mal (si on connait/aime l’univers). Card Captor je n’y avais jamais songé ! :O J’avais tenté Natsume Yujinsho, parce que j’adore l’anime. Mais le manga s’est révélé assez dur car plein de références folkloriques avec des kanji à coucher dehors.
      C’est chouette que tu partages cela avec ta fille :3. Et merci beaucoup, cela me fait très plaisir !

  2. Répondre

    Rill in Japan

    21 avril 2018

    AAAAAAAAAAHHHHH !
    L’article que je cherchais depuis toujours!
    Je me rends bien compte que je suis à un tournant de mon apprentissage, et franchement les manuels me rebutent au plus haut point. (Je n’en ai utilisé qu’à de rares occasion, et jamais plus d’une ou deux lecon d’affilée…).
    Mais la lecture c’est vraiment mon dada. J’avais déjà été emballée par la vidéo de Tokimeki sur la lecture, mais là, ton artcile si bien documenté m’a vraiment donné envie !
    MERCI ! 😀
    Je pense que je vais commencer par les 5分後! 😀 Je passe par la libraire en rentrant ! (((o(*゚▽゚*)o)))♡

    • ameliemarieintokyo

      8 mai 2018

      Merci beaucoup de ton commentaire ! 🙂 Cela me fait plaisir si mes conseils te sont utiles ! N’hésite pas à me dire ce que tu penses de ces livres ^^.

  3. Répondre

    Sandrine

    21 avril 2018

    Super article et merci pour les références !! C’est pas toujours facile de savoir ce qu’on peut toujours prendre surtout dans la mer de production livresque japonaise !!!

    • ameliemarieintokyo

      24 avril 2018

      Merci beaucoup, cela me fait très plaisir 🙂 J’espère que tu trouveras ton bonheur !

  4. Répondre

    Chris

    4 mai 2018

    Tiens, une question connexe plutôt : des conseils de livres de dictés ? Je me demande si cela existe ?

    (En fait, je souhaite améliorer ma vitesse d’écriture car je participe à une activité en japonais où l’écrit régulier est nécessaire, suite à la lecture d’une personne).

    • ameliemarieintokyo

      8 mai 2018

      Bonjour ! C’est une bonne question. J’ai trouvé beaucoup de livres dédiés à la lecture rapide, mais la dictée… Pas sûre ! Je demanderai autour de moi 🙂 C’est super intéressant comme apprentissage ! J’ai très peu pratiqué l’écriture en japonais alors que c’est un exercice appréciable.

  5. Répondre

    Beatrice

    5 mai 2018

    Bonjour, merci pour cet article.
    J’en parle aux autres élèves du cours de japonais. Cela peut nous donner des idées pour des achats lors de la Japan Expo, par exemple !

    • ameliemarieintokyo

      8 mai 2018

      Merci beaucoup ! Je serai ravie si cela peut vous aider dans votre apprentissage et vous donner des pistes d’achat :).

  6. Répondre

    Kamome

    11 mai 2018

    Merci pour ce super article ! Je note tout de suite les 5分後 dans ma liste d’achats.
    Ce que j’apprécie aussi, ce sont les livres sur des sujets pratiques / lifestyle (surtout ceux qui contiennent beaucoup d’illustrations !), relativement faciles (je dirais accessibles à partir d’un bon N3), car avec du vocabulaire bien concret. C’est aussi intéressant pour mieux connaître certains aspects du Japon (par ex. livre sur les bonnes manières).

    • ameliemarieintokyo

      15 mai 2018

      Merci ! Et je suis tout à fait d’accord :). En feuilletant des courts ouvrages sur le minimalisme/la déco au Japon, j’ai réalisé qu’un super niveau n’est pas toujours nécessaire pour réussir à lire :).

  7. Répondre

    tetoy

    15 mai 2018

    Bien complet encore comme article.
    Pour ma part il faudrait déjà que je commence par apprenne la base, donc les hiragana et katakana…

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