À la Rencontre d’Alexandre, Coiffeur Français à Tokyo

Vous êtes au Japon et à la recherche d'une nouvelle coupe? Vous avez un peu la frousse des salons japonais et peur de ne pas réussir à bien communiquer vos envies en japonais? Pas de panique, le coiffeur français Alexandre Kernbaum est à votre service!

Se rendre dans un salon japonais est une expérience unique et le service bien souvent irréprochable. En revanche, côté coupe, coloration et coiffure, sortez les cierges ! Je ne suis sans doute pas la seule à craindre le coup de ciseau malheureux des coiffeurs japonais sur les cheveux occidentaux. C’est ainsi que j’ai appris que plusieurs de mes amies font appel à Alexandre, un coiffeur visagiste français travaillant principalement à domicile. Après tant d’éloges à son sujet, je n’avais qu’une envie, découvrir son expérience et le présenter à travers une mini interview.

A: Bonjour, et merci beaucoup de prendre le temps de répondre à mes questions ! J’ai beaucoup entendu parler de ton travail, et franchement, je suis épatée. Je suis aussi très curieuse. Depuis combien de temps travailles-tu au Japon ?

Alexandre: Je travaille à Tokyo depuis environ 6 ans. Auparavant, j’étais basé à Okinawa où j’ai travaillé pendant 5 ans et enseigné dans une école de coiffure.

A: Wow! Beau parcours, vraiment. Obtenir des postes dans l’enseignement au Japon n’est pas une évidence. Qu’est-ce qui t’a amené à vivre et travailler au Japon ?

Alexandre: Mon épouse est japonaise. Je l’ai rencontrée à New York, il y a 15 ans de cela. On s’est mariés là bas. Après quelques années aux États-Unis, elle a eu envie de rentrer au pays et je l’ai bien évidement suivie ! La vie à New York, c’est bien quand on est jeune. Les soirées avec les clients, le rythme intense de travail, c’était très excitant. Mais passée la trentaine, tu sais, on a envie d’un peu de calme, de ralentir. C’était le bon moment pour partir.

A: D’accord ! Après New York, le Japon a dû offrir une scène complètement différente… Qu’est-ce que vous appréciez dans votre vie ici ?

Alexandre: Franchement, j’apprécie vraiment à quel point la vie est calme et sûre pour les enfants ici. La sécurité aussi, de manière générale, par exemple on peut laisser trainer son sac n’importe-où sans craindre qu’il ne « disparaisse »… Enfin, c’est un pays qui m’inspire et où en tant qu’artiste, il y a tout à faire. Je fais aussi du dessin et de la peinture.

Alexandre pratique notamment la peinture corporelle.

A: Il est certain que la qualité de vie au Japon est appréciable. C’est aussi très inspirant. J’ai en effet découvert sur votre site internet que vous faites bien plus que de la coiffure ! À ce propos, j’ai entendu dire que travailler dans les salons n’est pas évident lorsque l’on est étranger. Avez-vous dû faire des démarches particulières pour travailler dans le milieu de la coiffure à Tokyo ?

Alexandre: Oui, malgré ma formation française, il m’a fallu retourner à l’école et obtenir la licence japonaise. J’ai suivi la formation japonaise pendant 3 ans. Enfin, dernière étape, j’ai passé avec succès l’examen de coiffure en japonais. Cela veut bien sûr dire, maîtriser le japonais et surtout les kanji.

A: Bien joué ! Ce n’est pas évident du tout de passer les mêmes certifications japonaises que pour les natifs. Votre nouveau diplôme en poche, avez-vous rencontré des difficultés dans votre installation professionnelle ?

Alexandre: Pour être honnête, je ne trouve pas le Japon accueillant – trop conservateur, et les étrangers n’y sont pas les bienvenus. Sans avoir la licence japonaise, c’est très, très dur de réussir professionnellement dans ce milieu.

A: Donc ouvrir un salon, ce n’est pas une sinécure ? En aviez-vous le projet ?

Alexandre: J’y avais songé, mais franchement, je n’ai plus vraiment envie. C’est une expérience que j’ai déjà eu, mais au Japon, le processus est beaucoup trop compliqué. Les loyers des locaux bien placés sont vraiment élevés. À moins de louer dans un quartier un peu excentré, ou loin des stations, c’est impensable. Je préfère nettement coiffer à domicile ou, si besoin, sous-louer une chaise dans un salon.

A: C’est vrai qu’à Tokyo, il faut avoir les capitaux pour se lancer dans ce genre de projet. Tu mentionnes la sous-location d’une chaise, que penses-tu des salons japonais en général ?

Alexandre: Les salons japonais… Disons qu’ils ont un style de coupe très particulier, basé sur l’effilage à l’excès et pas du tout adapté aux cheveux occidentaux. Je trouve aussi que les produits locaux sont de moins bonne qualité. Je peux l’affirmer rien qu’en me basant sur leurs tarifs – deux tiers moins chers que les produits français. Plusieurs de mes clientes internationales ont pris contact avec moi après avoir souffert de démangeaisons après être allées se faire coiffer dans des salons japonais.

[NDLR: une coiffeuse japonaise m’a tenu le même discours lorsque je me suis rendue dans un petit salon du côté de Takadanobaba. Si côté coupe, elle n’était pas brillante, question shampoings, elle ne décolérait pas au sujet des mauvais produits utilisés dans beaucoup de salons japonais.]

A: Déjà que j’ai très peur de confier ma crinière à un coiffeur japonais, s’il faut en plus que je me méfie de leurs produits… Depuis que je vis ici, je n’ai tenté l’expérience que 3 fois, et je ne suis pas vraiment convaincue. Quelles sont les différences notables avec le style français ?

Alexandre: La perspective sur l’art de la coupe est vraiment totalement différente. Au Japon, les clients veulent une coupe pour aller travailler, pour être tranquille. En France, on a plus dans l’esprit d’être bien coiffé, d’avoir une belle coupe pour sortir, une couleur avec des tons différents. Ici c’est le pratique et le ton sur ton qui l’emporte.

A: D’accord, je comprends un peu mieux. Quelques anecdotes ou succès à partager avec les lecteurs ?

Alexandre: Je dois dire que m’installer et travailler ici a été très dur, alors je suis vraiment heureux de l’entraide qu’une bonne partie de la communauté étrangère témoigne. Nous connaissons tous de grosses difficultés pour s’insérer localement, c’est donc important d’avoir un réseau. C’est un peu sombre, mais j’ai vraiment eu de mauvais contacts avec les coiffeurs locaux qui engagent des coiffeurs étrangers. J’ai beaucoup vu des embauches mal se finir, le coiffeur étranger viré et sa clientèle reprise par le salon. Cela m’est arrivé plusieurs fois, et j’ai glâné le même genre de tristes anecdotes en discutant avec d’autres coiffeurs étrangers.

A: Eh bien, on ne soupçonnerait pas le milieu de la coiffure d’être aussi sévère! Il semble que la compétition soit de mise… Ce qui est certain, c’est que la clientèle internationale a plutôt tendance à aller vers les salons de coiffure où travaillent des étrangers ou à se trouver des coiffeurs étrangers à domicile sur recommandation. Du coup, comment est-ce qu’on prend rendez-vous avec toi ?

Alexandre: C’est très simple, les clients me contactent, et on se met d’accord sur un jour / une heure. Étant coiffeur-visagiste, je conseille les clients en fonction de leur visage et de leur apparence. Ils peuvent me contacter à la moindre question avant et après le rendez-vous.

A: Et vu tous les compliments que j’ai eu au sujet de vos coupes, ils ont raison de vous faire confiance ! Merci beaucoup Alexandre !

Si vous vivez à Tokyo, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec Alexandre !

 Alexandre Kernbaum

 090 3520 6262 (mobile)

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Une copine partage avec moi son expérience avec Alexandre :

« J’ai été très contente de rencontrer Alexandre à un moment de ma vie au Japon où je traversais littéralement une phase de désespoir capillaire. Après quelques visites dans des salons japonais, ma coupe était moyenne et après une tentative de coloration blonde sur ma base naturelle, je me suis retrouvée avec une chevelure orange. Et cerise sur le gâteau, la « réparation » des dégâts deux jours après consistant en une coloration châtain sur cet orange flamboyant mais peu esthétique m’a été facturée 35€. Bourde, réparation sans geste commercial, ça commençait à faire beaucoup.

Puis j’y ai réfléchi et je suis arrivée à la conclusion que mes cheveux aux racines orange vif et aux longueurs marrons représentaient aux yeux de ces professionnels une prestation réussie. J’ai su à ce moment que les coiffeurs nippons et moi c’est fini.

J’avais réellement l’impression qu’il m’était impossible de me faire comprendre sur mes désirs concernant la coupe de cheveux, le style de coiffure et ce, peu importe mon niveau de japonais. Je pense sincèrement que le sens du style diffère grandement entre coiffeurs/maquilleurs professionnels français et japonais, et cela va à mon sens bien au delà des différentes tendances et de la qualité variable des produits utilisés.

Grâce à Alexandre, j’ai enfin trouvé un coiffeur qui s’adapte à ma qualité de cheveux et qui écoute mes demandes. Grâce à son expérience à l’international, il a également une vue d’ensemble sur la qualité des différents produits disponibles sur le marché. J’ai confiance en lui au point de l’avoir engagé en tant que coiffeur/maquilleur pour ma cérémonie de mariage.

S’ajoute à cela le côté pratique de la prestation à domicile, et vous avez donc un professionnel duquel je ne peux m’imaginer me passer depuis 3 ans maintenant ! « 

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