Je souhaite tout d'abord dire en douceur aux amoureux du Japon que cet article n'est peut-être pas facile à entendre. Bien que j'adore le Japon et ma vie à Tokyo, je suis loin d'idéaliser le pays. Par ailleurs, l'expatriation entraine toujours des difficultés auxquelles il faut faire face à un moment donné. Voici un petit topo sur mon blues de l'expatriation au Japon en 2015.

Je rêvais tellement de vivre à l’étranger depuis toute petite que j’avais déjà pas mal couvert le sujet à travers des lectures, des films et des documentaires. En venant m’installer à Tokyo, je savais, dans le fond, que j’allais être confrontée aux blues de l’expatriation au Japon. Ce syndrome m’a frappée environ 2 ans après mon arrivée.

Qu’est-ce que le blues de l’expatriation au Japon ou ailleurs ?

En une démonstration : « j’adore le Japon, mais par moment, j’ai envie de claquer la porte et de me barrer ». Lorsque l’on arrive dans un nouveau pays, on est dans la phase dite de « lune de miel ». Sa durée est relative et dépend d’une personne à une autre. Tout est nouveau, passionnant, à découvrir. Bref, on carbure à l’adrénaline de la différence. Cependant, fatalement, cette lune de miel est rattrapée par une période de blues. C’est le mal du pays ou la déprime d’avoir fait de l’extraordinaire son nouvel ordinaire.

Cela ne signifie pas nécessairement que l’expatrié.e ait envie de rentrer au pays. Dans mon cas, rentrer en France ne me semblait pas envisageable. Cependant, je suis passée par un blues de l’expatriation au Japon assez sombre. J’avais la sensation que mon quotidien était sans fin, sans saveur et je ne voyais plus mon futur dans ce pays.

blues de l'expatriation au Japon

Rien que pour avoir inventé ces délicieuses chips au chocolat qui te ruine tes hanches/cuisses en deux trois mouvements, je maudis le Japon !

Être confronté.e au pays

Tout en aimant passionnément le Japon, j’ai avec le temps passé cette barrière entre l’idéal et la réalité. Je n’idéalisais pas réellement le Japon – consciente qu’il existe toujours un envers du décor. Mais je me joignais volontiers aux louanges les plus répétées ! En particulier, je pense que pour les français il est vite facile de dénigrer son pays au profit du Japon. Pourtant, le Japon (comme ailleurs !) ne brille pas par la perfection. J’ai parlé de cette société japonaise qui n’est pas plus mirobolante qu’une autre dès qu’il s’agit de la place de la femme ou des discriminations sociales.

Les difficultés de la vie quotidienne

Rien n’est simple. Les irritations de la vie de tous les jours me pesaient. Bouffée d’air heureusement, mes rendez-vous avec des amies en couple avec des japonais. Nous voir permet de faire le point et de râler en coeur. Ces rendez-vous exutoires permettent de lâcher un peu la pression sur ce qui nous broute dans notre nouvelle vie.

Pour certaines, la lune de miel a duré, duré, duré. La chute se révèle d’autant plus brutale. Pour d’autres, l’envie de quitter l’archipel était une évidence. Seul le « quand » était en suspens. Moi qui me révélais circonspecte, ne sachant dans quelle case me classer, je réalise que je suis confrontée à un mur. Soit je m’adapte et m’y fais, soit je deviens amère. Soit je pars.

Quel genre d’irritations ?

Je crois que là encore, le blues de l’expatriation au Japon prend différente forme selon les uns et les autres.

  • C’est ne plus supporter la nourriture locale.
  • Ne pas s’entendre avec son voisinage ou ne plus avoir de tolérance et de patience avec les locaux.
  • Ou encore ne plus tolérer son chez soi.
  • Se sentir impuissant ou incapable de poursuivre des démarches administratives etc.
  • Être ou se sentir isolé.e, incompris.e.
  • Avoir le manque de sa famille, de ses proches et de ses amies.
  • Ne plus avoir la curiosité pour le pays d’accueil.
  • etc.

Mon vécu du blues de l’expatriation au Japon

Par exemple, j’ai constaté que dans la rue et les transports, je me faisais bousculer régulièrement par les hommes ou que j’avais à m’écarter bien souvent de leur chemin. Pourtant, le Japon est un pays de la fluidité ! Un pays où l’on vante la politesse et les bonnes manières en toute circonstance. Cependant, lorsque j’ai évoqué le sujet, j’ai eu des échos assez unanimes. Côté hommes, ça balance entre le « ça ne m’est jamais arrivé ! » ou « peut-être que si… parce que je suis étranger ». Côté filles, par contre, c’est le cri du coeur ! « Ça m’arrive tout le temps », « c’est clair » « une fois j’ai eu super mal ». Bien que cela ne soit qu’à ma très modeste échelle, et sans parler de tendance, je trouve qu’il s’agit d’une expression quotidienne du sexisme encore flamboyant des japonais.

Dans la même veine, j’aborde un débat crucial : le port du débardeur. Je vous vois sourire, mais n’empêche que depuis que j’ai posé le pied sur l’archipel, plus moyen de porter un débardeur sans un commentaire mi-figue mi-raisin de mon mari. « Mais… c’est pour dormir ça, non ? Enfin tu portes ce que tu veux, mais pour nous c’est comme si t’étais nue quoi… ». Je me suis offusquée, une fois, deux fois. Et puis j’ai sonné les copines. Même constat de leur côté. Dans ce genre de situation, deux choix s’offrent à l’expatriée : provoquer ou s’adapter. Alors on s’adapte, en maugréant que ce petit haut craquant de chez Zara ne devrait pas être caché sous une chemise. Tristesse.

C’est un détail. Mais l’accumulation de détails finit par user.

Des micro-évènements-aggressions

  • Comment les serveurs et vendeurs vous ignorent si vous êtes accompagné.e d’un japonais. Quelque soit votre habileté à vous exprimer en japonais.
  • Le sacro saint respect des règles au point de frôler l’absurdité.
  • Le renouvellement du bail qui tient du racket.
  • Ou ce renouvellement de visa qui vous rend chèvre.
  • Les vélos qui vous foncent dessus sur les trottoirs.
  • Mais aussi les parapluies et les ombrelles qui manquent de vous éborgner.

Bref, ces micro-évènements de la vie quotidienne tapent sur le système. Rien qu’une session de shopping pousse à se rouler par terre de frustration. La mode japonaise oscille entre vulgarité et collection 12 ans. Sur ce point, à part Uniqlo, j’ai jeté l’éponge et taxe d’importation ou non, m’habille chez Zara.

Qu’on ne se méprenne pas, il s’agit d’un ressenti personnel.

Ce n’est pas un jugement sur le pays tout entier.

D’ailleurs, la mauvaise foi arrive au galop ! Je ne pouvais m’empêcher de m’hérisser en entendant des japonaises glousser. Pardon, rire. Soudain se révèle une inadéquation entre nos codes d’origine et les codes locaux. Alors que je fais des efforts pour être tolérante (dire de but en blanc que je suis tolérante serait de la vanité, je crois que c’est un effort de tous les jours) les garçons japonais qui se décolorent les cheveux jusqu’à avoir un paillasson sur le haut du crâne me font crier à l’hérésie. Pourtant qu’on se le dise, je suis parfaitement d’accord que la chevelure des uns et des autres ne regarde que les concerné.e.s !

Blues de l'expatriation au Japon

Trop c’est trop !

Une étape… Normale !

Seulement l’expatrié.e n’en peut tout simplement plus. Et finalement, je pense que c’est tout à fait normal. Le quotidien a perdu de sa magie et il faut composer avec un environnement dans lequel nous n’avons pas été élevé.e. Bref, l’adaptation à un nouvel environnement n’est pas innée. Elle nous force à nous regarder dans le miroir et à nous remettre en cause. Mais le nouvel environnement n’aurait-il pas à en faire de même ?

Mes opinions sont en partie le fruit d’un passage à vide au Japon en 2015. Ou peut être que le sevrage de fromage français se fait sentir ? Sauvez une Amélie, envoyez lui du gruyère !

fromage

À défaut d’envoyer un colissimo de fromage, vous pouvez aller lire dans le même thème, l’excellent article de Fafa Expat. 

Comment se sortir du blues de l’expatriation au Japon ?

Je n’ai pas de recette miracle. Dans mon cas, je n’ai même pas réalisé que ça allait mieux ! Je crois que j’ai lâché du lest, comme on dit. J’ai appris à faire glisser les irritations et à apprécier mon quotidien. Cependant, voici des petites choses qui m’ont aidée :

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37 Comments

  1. Répondre

    TROPET

    28 juillet 2018

    C’est peut-être une question d’age, étant plus âgée je n’ai jamais eu aucun problème en voyage, il est sur qu’il faut avoir les épaules couvertes, cela ne me dérangeait pas, pouvant être en robe je me plaisais à faire assaut d’élégance et me sentais à l’aise. Je n’ai pas été bousculée une seule fois. Après un voyage de trois semaines, c’est plutôt en rentrant en France que je me sentais expatriée, et encore maintenant…. j’apprends la langue mais c’est long. Quant à trouver du travail là bas….Grande question….

  2. Répondre

    valerie lepeltier

    7 novembre 2017

    Bonjour, avant de parler de blue de l’expatrié, je parlerai de la galère d’organiser une expatriation longue durée à tokyo. mon fils jeune ingénieur diplomé vient d’être embauché par une entreprise japonaise. nous sommes donc en plein dans les formalités administratives d’avant départ. une question se pose en matière de santé. il va cotiser à la sécu japonaise et au CFE mais quid de la mutuelle. faut il prendre une mutuelle internationale en france avant le départ. mais elle coûte un oeil, existe t il des mutuelles japonaises ??? et en tant qu’expatrié pourra t il y souscrire ??? que se passe t il s’il a besoin de soins dentaires ??? merci pour votre blog qui donne déja beaucoup d’infos sur ce que va être sa vie au japon (il en a dejà une petite idée aprés 2 séjour de 3 et 6 mois, mais là c’est le grand saut administratif !!!!) et merci d’avance pour vos conseils
    valérie

    • ameliemarieintokyo

      9 novembre 2017

      Bonjour! Je suis certaine que tout va bien se passer pour votre fils. C’est le grand saut, mais il sait où il va ;). Malheureusement je ne peux pas vous aider, car je n’ai plus de sécurité sociale en France et je n’ai pas non plus de mutuelle, donc je ne saurai que vous conseiller. Je ne suis pas sûre que le concept de mutuelle existe ici, puisque la sécurité sociale japonaise va dépendre de l’entreprise et couvre donc plus ou moins les frais médicaux selon ce qu’a souscrit l’entreprise. On paye en général de notre poche 30% des frais.

  3. Répondre

    Angel

    5 septembre 2017

    Oh, merci pour cet article qui m’a permis de comprendre ma mésaventure de cette après-midi.
    Je suis pour la première fois à Tokyo, il a fait plus de 30°C dans la journée et j’ai marché sur des km pour explorer la ville. Assise à un carrefour pour profiter d’un petit vent frais, une dame âgée m’interpelle gentiment et je lui dis en anglais que je ne parle pas japonais (en dehors de quelques expressions de base). Je comprend toutefois qu’elle me demande si je n’ai pas un gilet. Surprise, je lui dis que j’ai bien une chemise dans mon sac à dos mais qu’il fait tellement chaud… elle enchaine deux trois phrases sur un ton aimable mais dont la signification restera pour moi un mystère. Je crois juste comprendre ii kimochi (qui me semble-t-il veut dire une sensation agréable). Bref, j’ai souri bêtement sans trop savoir quoi faire, et la vieille dame a fini par repartir… je n’avais absolument pas conscience d’être « provocante ». Il faut dire qu’avec mon bonnet B il n’y a pas de quoi enflammer les foules non plus lol Choc culturel quand tu nous tiens 😉

    • ameliemarieintokyo

      7 septembre 2017

      Ah ah! Elle s’inquiétait peut être d’un coup de chaud? Avec la sueur et le vent, on peut tomber malade facilement, du coup ils ont tendance à se couvrir même en pleine canicule ^^

  4. Répondre

    RillRill in Japan

    7 juin 2016

    Bien que je pense avoir passé il y a quelques année la barrière fluctuante entre l’idéal et la réalité, il y a parfois des moment de remise en question assez forts.

    J’ai vécu le passage à vide lors de mon deuxième long séjour au Japon. Impossible de trouver un job digne de ce nom, ca a été dur à encaisser. Et puis des que j’ai trouvé au moins de quoi subvenir à mes besoins, tout est allé mieux.
    Cette fois je suis en voie d’obtenir mon visa de travail, et j’angoisse un peu. Combien de temps ma lune de miel va t-elle durer ? Quel genre de chute m’attend ?

    Le tout est probablement de savoir s’écouter dans ces moments-la et comme tu le dis si bien, savoir faire des pauses pour redémarrer sur de bonnes bases. Parce qu’il est hors de question que ce pays qui nous a demandé tant d’efforts et de remises en questions, on en vienne à le détester… Quel gâchis se serait.

    Quand au débardeur, je trouvais deja que cela ressemblait à un sous-vêtement avant d’arriver au japon. L’adaptation n’a pas été bien compliquée pour moi de ce coté là. 😉

    • ameliemarieintokyo

      7 juin 2016

      Merci de ton commentaire et d’avoir partagé ton sentiment sur le sujet. J’imagine bien que le visa de travail va bouleverser un peu la situation (plus d’inquiétude d’avoir à partir). J’espère que la transition sera sans soucis.

      Hihi, j’aime beaucoup les beaux débardeurs du coup je suis parfois chagrin.

  5. Répondre

    GAELLE

    23 juillet 2015

    Salut
    Interessant ton article.

    Je suis allée deux fois l’été, au japon, comme touriste.
    Le coup du débardeur, j’ai vu oui.
    Sauf que les japonaises portent des shorts et des jupes ultra courts, et vu la pornographie infantile et la prostitution je ne comprends pas comment ils peuvent traiter une Française de perverse (autre article)
    Ca me choque !

    Je ne suis pas expatriée mais même si j’ai trouvé le pays beau, les gens parfois très sympa j’ai quand même perçu :

    Du racisme avec des regards hostiles (alors que je suis discrète), des gens qui ne veulent pas s’asseoir à côté,
    Le manque de sympathie des hommes, très froids, par contre ils ne se gênent pas pour mater, certains …!
    Abordée plusieurs fois… j’étais choquée car on m’a tellement parlée de leur timidité…

    Par ailleurs, je n’habite pas la région parisienne, mais je connais et c’est parfois … agressif

    Le monde idéal n’existe pas, en France j’aime les lacs, le bord de mer, Nice par exemple, et même Lyon sont agressifs.

  6. Répondre

    lazuli 羅守璃

    21 juillet 2015

    je crois que j’idealisais pas le Japon ou peut-etre que si mais en me mentant a moins meme – j’en sais trop rien
    mais ces derniers temps je me rends compte que ce qui m’enervait en France comme comportements bah ca m’enerve ici aussi – avec des extras en plus (et sans doute quelques trucs en moins quand meme)
    je me dis que finalement meme si je changeais de pays je retrouvais ces trucs qui m’enervent aussi
    du coup j’essaie d’assumer mon caractere XD
    au final rien n’a vraiment change: les trucs jap que j’aimais j’aime tjrs et les trucs que j’aimais pas bah j’aime tjrs pas, pourquoi se forcer apres tout?

  7. Répondre

    Madame Fujoshi

    15 juin 2015

    Merci pour ton article ! L’affaire du débardeur me rappelle « le procès du décolleté » – j’avais lu un témoignage d’expat sur cette partie de l’anatomie que l’on ne montre point au Japon…
    Ton article me rappelle mon séjour au Congo brazzaville (d’ailleurs, j’irai lire le com de Fafa^^). Après l’excitation des premiers jours, l’incompréhension et les petites tracasseries du quotidien : on me regardait tout le temps, partout, fixement. J’ai fini par avoir une réponse : rien qu’à ma démarche, on savait que je venais de France ! Ce n’était même pas la peine d’ouvrir la bouche : dans le bus, silence total quand je parlais (elle vient de France !!). Combien de fois le taximan m’a roulée, au moment de régler la course… A la fin, je ne parlais plus^^
    Comme tu le dis, il y a ces choses du quotidien qui finissent par t’insupporter. Il y a aussi toutes ces autres choses qui te font du bien, ces petits plaisirs simples… (j’aimerais bien les goûter, ces chips choco !). Pour moi, c’était (notamment^^) la nourriture. Ah, le manioc ! Il a saveur toute particulière, là-bas ! Les beignets, le jus de gingembre, le bissap… et l’eau. L’eau du Congo est une merveille. Elle glisse sur ta peau – plus besoin de crème après. Je ne m’en suis toujours pas remise. Je repartirais bien, rien que pour me laver >_<.
    D'ailleurs, lorsque je suis rentrée en France, ça a été le choc inversé : je voulais remonter dans l'avion. La douche française : un supplice. Je voulais rentrer… c'était vraiment étrange. ça s'est estompé lentement, au fil des semaines…
    Fight ! J'espère que ce coup de mou passera^^

  8. Répondre

    Nadia

    12 juin 2015

    Merci pour ton article.
    Je découvre juste ton blog. Nous venons de passer notre première semaine à Tokyo la semaine dernière et mon mari m’a fait remarquer en sortant du métro qu’un mec mec assis en face de moi avait passé son temps à me regarder l’air gêné. En fait j’avais effectivement mis un débardeur. .. en meme temps il faisait super chaud… pas sure que ça m’empêchera d’en porter un la prochaine fois!
    nous sommes déjà expat en angleterre, j’ai déjà vécu ces coups de blues, mais en général après quinze jours en France j’ai de nouveau envie de partir!
    J’arrive sur Tokyo mi août, à priori si tout va bien nous aurons un appartement près de yoyogi park. On doit rester 2 ou 3 ans.
    J’ai note que tu cherchais du boulot. L’ambassade de France au Japon cherche un chargé de communication. Tu devrais tenter ta chance!

    Bises et à bientot

    • ameliemarieintokyo

      13 juin 2015

      Bonjour, merci de ce commentaire :). Oui, il est fort possible que le débardeur en soit la cause… J’ai vraiment fini par ne plus en porter. Je fais comme la plupart des japonaises, j’achète des chemises très légères, parfois un peu transparentes et en dessous je peux en mettre un. De toute manière je n’en portais pas beaucoup à la base, et le soleil au Japon est très dangereux pour la peau (en général, l’été en journée on a un indice UV 10, ce qui signifie que l’on brûle très très vite et que les crèmes font peu barrière). Merci pour ce renseignement. J’ai malheureusement déjà vu l’annonce, et je ne remplis pas tous les critères exigés :). Mais je ne désespère pas !

  9. Répondre

    tetoy

    9 juin 2015

    Ah j’aime lire ce genre d’article qui parle du ressenti de la personne dans la vie de tous les jours. Ça permet d’avoir une nouvelle vision des choses et c’est bien de ne pas être trop idéaliste.

  10. Répondre

    Shinji

    9 juin 2015

    Je trouve que les désagréments cités sont surtout liés au sexisme ou aux inégalités entre hommes et femmes. Malheureusement, c’est un phénomène qui est présent dans tous les pays mais il se manifeste différemment. Aurais-tu perçu les choses de cette façon si tu étais un homme? Peut-être que tu aurais parlé de la difficulté des rapports avec les femmes. C’est intéressant de voir également que c’est une majorité de femme qui répond en commentaire sur cet article.

    Je suis encore dans la période de lune de miel vu que j’y vais tous les ans pour les vacances donc je ne suis pas objectif non plus.

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Bonjour ! Merci de ce commentaire. C’est certain que le sexisme joue sa part, mais ce n’est pas tout à fait le point que je voulais exprimer en fait (c’est un peu pêle mêle c’est sûr).

      En fait ce n’est pas « le Japon » en tant que tel, c’est simplement que lorsqu’on est expatrié, à un point donné on a plus ou moins une réaction de rejet. Cette réaction dépendant des personnes, elle ne s’attarde pas forcément sur quelque chose de foncièrement gênant ou ennuyeux en général. Seulement dans ce coup de mou, tout d’un coup, des choses différentes nous deviennent insupportables.

      J’ai vécu la même chose en Russie (quoiqu’à une moindre échelle, y étant restée moins longtemps).

    • Shinji

      9 juin 2015

      Je comprends mieux, c’est un sentiment qu’on peut retrouver dans plein de cas, en couple par exemple, au travail, etc… la fin de la lune de miel comme tu dis. Du coup, je pense que tu t’adapteras et que tu vivras avec car malheureusement, ce que tu soulèves relève de la mentalité des gens, de la société et c’est pas ce qui change le rapidement. Comme partout il y a des concessions à faire et l’important est de réussir à penser positivement!

  11. Répondre

    Lisa

    9 juin 2015

    Personnellement j’ai vécu la même chose en Suisse (certes la suisse est géographiquement proche de la France, mais c’est un pays, une culture, un quotidien extremement différents). La lune de miel a durée pile un an. Ensuite dégout total du pays, je me sentais pas la bienvenue je pensais que le pays m’envoyait des messages pour que je parte. Finalement mon blues s’est calmé et a laissé place à la lucidité. A présent je comprends tous les défauts de la société suisse et je vis avec ou les évite. Il n’y a pas de recette miracle mais ca va passer, il ne faut juste pas baisser les bras.

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Merci de ton passage ! (ça fait longtemps ! ^^).

      Ça ne m’étonne pas, proche ou pas de la France, je crois que quelque soit la destination, on finit par avoir cette réaction épidermique aux habitudes locales. Je pense que ça va passer, du moins je l’espère, car pour certains ça donne un rejet définitif, mais il faut le traverser !

  12. Répondre

    Nicolas

    9 juin 2015

    Tout ce qui est dit ici à propos du Japon est vrai, mais on pourrait écrire quasiment le même article sur Paris avec un tout petit peu de sexisme en moins. Le harcèlement de rue pour les femmes est exaspérant à Paris. Les vélos sont une horreur aussi. Je suis rentré à Paris une semaine le mois dernier et l’incivilité et l’insécurité étaient impossible à vivre. Pour avoir vécu dans plusieurs pays et pas mal voyagé, le Japon, malgré ses défauts, reste bien mieux que le reste du monde en qualité de vie (sauf si on travaille plus de 60 heures par semaine et que l’on a pas le temps de voir ses amis).

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Bonjour, merci du commentaire.

      Je comprends ce point de vue :), mais je ne voulais pas stigmatiser le Japon comme n’ayant pas une bonne qualité de vie.

      Je dirai que le blues de l’expatriation n’est d’une part pas objectif, et d’autre part, ce n’est pas le point de dire « ici c’est nul / c’est mieux ailleurs ».

      Simplement à un moment x ou y, un étranger vit un passage à vide durant lequel des détails, des différences – anodines peut être – finissent par irriter. Au point que certains partent, comprenant qu’ils ont fait le tour de la question. C’est normal d’ailleurs, on n’est pas adaptable à l’infini (encore moins en prenant de l’âge parait-il), et on ne peut pas se départir de sa culture / ses manières d’origines.

      Paris en contraste avec le Japon est peut être moins sympathique, mais je préfère ne pas noircir le tableau non plus.

    • Kitsu

      15 août 2015

      Oui enfin, quand tu es un homme célibataire, oui le Japon dit être une chouette destination. Mais une femme seule ou en couple (avec un local ou non) et surtout un ou des enfants ça doit être bien différent (surtout quand on connait le prix des écoles, les difficultés à trouver un mode de garde (d’ailleurs, sortez un peu de la France, dans bcp de pays faire garder un enfant en bas âge relève de l’exploit et/ou de la ruine)). Après, je plussoie, Paris c’est difficile d’y vivre (perso j’ai tenu 7 ans), d’ailleurs quand c’est sale, mal conçu et mal entretenu, je sais que je suis à Roissy CDG/Métro/RER.

  13. Répondre

    frenchynippon

    9 juin 2015

    Je compatis… ma lune de miel s’est terminee pendant mon working holiday en 2011 ou je cohabitais chez mes beaux-parents.
    L’annee derniere j’avais aussi fait un article de ce genre et malgre mon retour d’un mois en France j’ai l’impression que ma pause n’a pas ete assez longue^^ Comme toi j’ai heureusement quelques amies francaises ici avec qui faire le point et deballer notre sac, ca fait toujours du bien! J’aimerai aussi partir, mais je ne sais pas si je pourrais me refaire a la vie francaise avec son incivilite, son insecurite, ses rues sales etc… par contre bon mon japonais ne compte pas quotter le pays…

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Merci de ce retour! Si tu veux mettre ton article en lien, tu peux, je le mettrais dans l’article (j’ai parfois le sentiment que le blues de l’expatriation est un poil tabou, surtout en ce qui concerne le Japon!).

      Oui ça soulage de pouvoir parler sur terrain connu. Je suis parfois fatiguée de ne pas avoir mes repères d’origine. Je suis bien sûre « adaptée », mais est-ce qu’on peut l’être vraiment totalement?

      Ça ne doit pas être évident à gérer alors. Peut être qu’il changera d’avis ? Ou alors un changement de scène dans le Japon (j’avoue que j’aimerai beaucoup aller vivre à Okinawa malgré le climat terrible de l’été!).

      Mon Nippon lui, a très envie de bouger, mais pas forcément vers les destinations qui me bottent le plus ^^ ». Dur de négocier en couple !

    • frenchynippon

      11 juin 2015

      On aura beau vivre plusieurs annees au Japon en faisant des efforts, on ne sera jamais totalement adaptee. C’est comme si les traits de notre nationalite etaient des nos genes, ils ne disparaissent jamais.
      Mon mari a deja vecu 4 ans en France quand il etait etudiant, il connait la vie francaises, ses qualites comme ses defauts et prefere de loin le Japon. De plus comme nous avons la maison et qu’il travaille dans l’entreprise familiale, ca ne lui traverse pas l’esprit de partir vivre ailleurs.

      Voici le lien de l’article en question, il date de l’annee derniere.
      https://frenchynippon.wordpress.com/2014/05/01/pause-dexpatriee/

    • ameliemarieintokyo

      13 juin 2015

      Merci beaucoup du lien ! Oui c’est tout à fait vrai, on ne peut pas renier ce qu’on est ni s’adapter totalement. Il faut trouver l’équilibre entre les deux.

  14. Répondre

    ladyelle134

    9 juin 2015

    Allez hop ! Viens faire un petit tour ici pour une petite orgie de fromages et de portage de débardeurs et après tu seras toute frétillante lors de ton retour au Japon. Parole de Lady 😀

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Je veux bien te croire ! Je crois que tout a commencé avec ce drame de l’expatrié: une copine m’a amené du très très bon gruyère. Je l’ai fait duré, duré (avec du vin rouge!). Hélas, une fois fini, j’ai regardé mon frigo avec détresse ;). J’essaye de me prévoir un retour vacances en août.

    • ladyelle134

      10 juin 2015

      Il y a des copines qui exagèrent hein ? Elle n’avait pas anticipé le moment de détresse devant le frigo vide de bon gruyère 😉
      Allez courage, août arrive bientôt 🙂

  15. Répondre

    madameananas

    9 juin 2015

    Eh oui on pense toujours que l’herbe est plus verte ailleurs… J’avais fait un peu ce type de constat (bon ok pas sur les coupes de cheveux) par rapport à mon expat en Californie.
    Nous pour l’instant, on est contents ici mais on veut rentrer à la fin de notre visa c’est à dire dans 1 an et demi 🙂

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      La Californie ça a du être un gros changement de décors ! Je suis parfois attirée par les US mais je suis à peu près certaine que je vivrai un choc culturel plus intense qu’avec l’Asie :D.

      C’est bien de pouvoir se décider à deux et de se donner une date butoir. Ce n’est pas toujours évident selon les envies / opportunités de l’un ou de l’autre.

      Je suis toujours en suspens, le Nippon étant en train de jouer à am stram gram avec la mappemonde T_T ».

  16. Répondre

    Kuuki

    9 juin 2015

    Ca fait seulement deux mois que je suis au Japon et a priori je resterai pas assez longtemps pour que la lune de miel se termine, par contre j’ai du mal avec les relations hommes/femmes. (avec le port du débardeur aussi remarque mais là j’ai dis merde et je le met quand même, fait chaud au Japon mince alors)

    Disons que j’ai du mal à gérer le passage constant d’un extrême à l’autre, autant je fais peur à certains Nippon au point qu’ils me répondent à peine quand je leur dit bonjour, autant ça fait une bonne dizaine de fois que je dois refuser les invitations d’un autre et je commence à atteindre les limites de ma patience là.
    Et surtout, c’est au Japon que j’ai le plus flippé de ma vie à cause d’un mec. C’était très con, « juste » un mec qui m’a abordé dans la rue mais il arrêtait pas de me toucher le bras et je sais pas pourquoi j’ai très mal réagis. Je suis partie en courant et il m’a fallu plusieurs heures pour m’en remettre. Jamais j’avais été autant secouée par ce genre de chose avant et pourtant c’est déjà arrivé plus d’uns fois.

    Enfin bref.

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Bonjour, merci de ce témoignage fort intéressant sur les débuts dans l’archipel !

      Très certainement les relations hommes-femmes ne laissent pas indifférents ici, encore plus du côté femme sans doute (beaucoup d’hommes européens tombant dans le panneau « petite femme asiatique » – j’ai dit beaucoup, pas tous :D).

      C’est étrange qu’il t’ait touché en effet, je n’ai pas souvenir d’avoir vu la drague de rue amener à ça et a priori ils ne le font pas. Après on est jamais à l’abris.

      J’ai une petite théorie sur la réaction assez forte: depuis que tu es au Japon tu dois avoir constaté la distance avec les autres et l’absence totale de contact en règle général (même faire la bise me parait anormale). On s’habitue – je trouve – très vite à son nouvel espace. Je sais que ça me gène très facilement que l’on soit trop près ou que l’on me touche désormais (un ami américain m’a fait une grande accolade, et j’ai réalisé que cela faisait des semaines que je n’avais pas eu un contact physique avec quelqu’un).

    • Kuuki

      10 juin 2015

      Je pense effectivement que les garçons ont moins de « problèmes » à se faire aux relations hommes-femmes que le contraire. J’en ai pas mal parlé avec mes collègues (tous des mecs en couple avec des Japonaises) et ils ont jamais eu l’impression d’avoir du mal à avoir une relation ou quoi que ce soit.
      Alors que moi j’en suis presque au point d’avoir une nouvelle histoire de mec à leur raconter dès que je viens bosser. Et je fais rien pour.

      Je sais pas si c’est ça, je veux dire je bosser avec des Français, on se fait pas la bise mais y a des contacts. Et je garde une petite fille aussi et elle aussi va au contact assez facilement.
      J’ai jamais vraiment aimé qu’on soit trop près de moi. Le truc je crois c’est que je m’y attendais pas, j’étais tellement habituée à être en sécurité et à ce qu’on me laisse tranquille quand je marche en ville que je m’y attendais pas et j’étais pas prête à réagir. Alors qu’en France je l’étais toujours.

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    Céci

    8 juin 2015

    Super article 🙂 On peut adorer la culture japonaise sans l’idéaliser pour autant n’est-ce pas ? Ça fait du bien de le rappeler de temps en temps.

    On critique beaucoup la France, à tort ou à raison (l’herbe est toujours plus verte ailleurs il paraît^^), mais je pense que ce pays me manquerait si je devais vivre à l’étranger de façon permanente. Cela dit, je n’ai pas encore eu l’occasion de voyager au Japon (c’est prévu pour 2016 si tout va bien^^).

    J’ai rencontré Delfine et aAlex (du blog Issekinicho) en dédicace une fois : ils m’ont parlé de leur expérience au Japon qui a duré 2 ans (si je ne me trompe pas). Ça m’a marqué car aAlex disait, en gros, que 2 ans c’était la bonne durée. Je crois qu’ils se sont arrêtés au bon moment, pile à la fin de la « lune de miel », pour éviter ce passage à vide.

    En tout cas merci pour ce partage d’expérience 🙂 Je passe souvent par ici sans prendre le temps de commenter, là c’est l’occasion : félicitations pour ce blog très agréable et instructif !

    • ameliemarieintokyo

      9 juin 2015

      Merci beaucoup de ce commentaire très sympa et développé !

      Je trouve aussi que la France se fait critiquer (j’y participe de temps à autre) parfois à grand tord… Et l’herbe ailleurs, ben c’est de l’herbe, il faut l’admettre :D.

      Je croise les doigts pour 2016 donc !

      Je connais leur blog, mais je n’ai jamais eu la chance de les croiser. Je comprends ce qu’ils veulent dire, et pas mal de gens attachent des durées d’expiration à certaines destinations (variant selon les gens, du genre 4 ans en Corée, 5 à Singapour, 3 aux US etc…). Me concernant, j’espère pouvoir sortir de ce petit passage à vide en gardant mon amour pour le pays :).

      En tout cas, un grand merci !

  18. Répondre

    fafa

    8 juin 2015

    Comme je te comprends…je ne connais pas le Japon, mais au Congo il y a aussi des choses qui m’agacent même si des fois ce ne sont que des détails, et dans ces moments là j’ai qu’une hâte: rentrer en France. En général après quelques jours de vacances ça va mieux, et je redeviens plus souple et tolérante. Non, ce n’est pas simple tous les jours l’expatriation 😉 à bientôt

    • ameliemarieintokyo

      8 juin 2015

      Merci de ton avis. Je pense en effet avoir besoin d’un « break » du Japon. Aller ailleurs une semaine.

      Ça me fait penser que tu avais écrit un article très bien sur le sujet. Le temps que je remette la main dessus, et je le mets en lien :).

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