Vous pensiez le tri sélectif difficile à comprendre en France ? Vivre au pays Soleil Levant se révèlera sans doute une épreuve ! Même lorsque l'on s'y rend pour du tourisme, sortir ses poubelles au Japon n'est pas une mince affaire.

Je dois être honnête, lorsque l’on vient d’arriver et que l’on ne parle pas japonais, sortir ses poubelles au Japon tient du casse-tête chinois. Le recyclage est (relativement) pris au sérieux et le ramassage des poubelles très bien organisé. Oui, mais voilà, trier en France et trier au Japon, ce n’est pas tout à fait la même chose !

Trouver des poubelles au Japon lorsque vous êtes touriste

Si vous êtes de passage au Japon, nul doute que vous serez à la recherche de poubelle. En effet, les poubelles publiques ont quasiment disparues de l’archipel à cause des attentats de la secte Aum dans les années 90. Bref, point de poubelles salvatrices à l’horizon. Seules exceptions :

  • Les poubelles pour les bouteilles plastiques, cannettes et verre à proximité des distributeurs,
  • Les poubelles pour le papier et déchets combustibles dans les gares (pas toutes).

Certains lieux, par exemple les parcs ou les sites touristiques, peuvent prévoir des poubelles en raison de l’afflux de visiteurs. Mais ce n’est pas la norme !

Si vous êtes à l’hotel, vous aurez très certainement des petites poubelles dans votre chambre. Soyez patients et gardez avec vous vos déchets de la journée. Dans le cas d’un séjour chez l’habitant ou AirBnb, suivez bien les règles de votre logement et attendez le jour de ramassages des ordures.

Enfin, en dernier recours, la majorité des convenience stores (conbini) ont des poubelles de tri. En théorie, ces poubelles, qui peuvent être à l’extérieur ou à l’intérieur, sont destinées aux clients. En pratique, si vous avez des choses à jeter (attention, pas une poubelle de 3 jours !) vous pouvez les utiliser aussi. Respectez bien le tri !

Le tri sélectif au Japon

Bien que les catégories de déchets soient uniformisées et que les règles restent relativement similaires, le tri ne se fait pas partout pareil. Notamment, le ramassage des ordures et la collecte des déchets recyclables sont gérés au niveau municipal. Coup de bol pour nous, les affiches multilingues ne manquent pas de nous rappeler comment sortir ses poubelles au Japon.

Les déchets sont globalement répartis ainsi :

  • Combustibles (()えるゴミ) : ce sont les déchets ménagers que l’on ne recycle pas et qui peuvent « être brûlés ». Papiers sales, petit plastique, le cuir…
  • Incombustibles (()えないごみ): ce que vous ne pouvez bruler. Les piles, les batteries, l’aluminium, les flacons et pulvérisateurs vides, le petit électroménager…
  • Les bouteilles en plastique (ペットボトル)
  • Les cannettes ((かん))
  • Le verre (ガラスびん)
  • Le papier et le carton (古紙(こし)) : magazines, journaux, livres etc. qui doivent attachés avec de la corde en petit tas.
  • Les encombrants (粗大(そだい)ゴミ) : électroménager, meuble, pour lesquels vous devez programmer le ramassage et payer le recyclage.

Le site de la mairie de Shinjuku est aussi très utile pour s’y retrouver. Enfin, vous pouvez télécharger un feuillet explicatif sur le site de la mairie de Nakano et le placarder sur votre frigo pour mémo.

Comment jeter ses encombrants ?

Si vous déménagez ou quittez le Japon, essayez d’abord de vendre ou de donner vos meubles et votre électroménager (la nature et votre porte-monnaie vous disent merci). Sinon, vous aurez à contacter le service approprié de votre localité pour organiser leur collecte. Pour précision, je me base sur le système de Tokyo. Il n’est pas dit que l’organisation diffère dans d’autres préfectures !

Le rendez-vous peut se fixer directement en ligne. C’est l’idéal car vous avez accès au calendrier du mois avec les jours et heures encore disponibles. Il va de soi que vous ne devez (en théorie) pas jeter vos encombrants plusieurs jours à l’avance. Vous pouvez aussi vérifier en ligne le coût du recyclage grâce à une liste très détaillée pour les encombrants classiques, l’électroménager et l’électronique. Il existe deux types de ticket : A (200 yen) et B (300 yen). Vous les achetez en conbini. Comptez 3,700 yen pour un réfrigérateur, 400 pour un fer à repasser, 1000 yen pour un vélo ou encore 5,000 pour un écran d’ordinateur.

Si vous voyez des meubles dans la rue avec des étiquettes de couleur, attention, en théorie vous n’avez pas le droit de les ramasser ! Les propriétaires ont payé pour leur ramassage et les employés de la mairie vont se déplacer. Parfois, il se peut que les tickets ne soient pas en nombre suffisant. Les encombrants ne sont alors pas ramassés. Un mot sera scotché sur les meubles pour indiquer qu’il faut payer le « juste prix« . Si les meubles n’ont pas d’étiquettes, cela signifie que les propriétaires ne se sont pas cassés les pieds à faire cette procédure et ont jeté leurs meubles et autres affaires sans plus d’état d’âme. L’objet litigieux attendra vaillamment sous le soleil et la pluie, jusqu’à ce que quelqu’un craque : le propriétaire pris en délit de paresse ou la municipalité bien obligée à un certain point, de renoncer au paiement.

Alors, jeter ses poubelles au Japon au quotidien ?

L’affichage de mon immeuble me rappelle à l’ordre ! Le papier et le carton, c’est le lundi. Les poubelles classiques ne sont ramassées que le mercredi et le samedi. Dans mon nouvel immeuble, je n’ai malheureusement plus de local à poubelle 24h/24. C’était bien pratique pour gérer le tri sélectif sans avoir à garder mes poubelles chez moi.

Désormais, je suis sensée attendre la veille du bon jour avant de jeter les poubelles dans la petite benne de notre immeuble. Aucun de mes voisins ne respectant cette règle, je les sors plus régulièrement. L’essentiel est de faire attention à ce que les poubelles ne gênent pas le ramassage d’autres déchets lorsque ce n’est pas le bon jour et que le sac soit bien fermé afin d’éviter les mauvaises odeurs. Les bouteilles en plastique et le verre ne sont ramassés qu’une fois par semaine, le mardi.

Sortir mes poubelles au Japon m’a clairement sensibilisée sur la question des déchets et de ma consommation de manière générale. J’évite le jetable dès que possible, je refuse les sacs plastiques et j’essaye de mieux faire le tri qu’avant.

Le Japon à fond les ballons sur le recyclage ?

Le Japon connait le recyclage depuis un bon moment, 1997 pour être précis. C’est l’année durant laquelle la loi Container and packaging recycling Law (loi récipient et emballage) été initiée par le ministère de l’environnement. L’objectif était de mettre en place un système afin de gérer le gros des déchets, c’est-à-dire le carton et les bouteilles plastiques. Vu la densité des distributeurs automatiques au, il y avait urgence. Depuis, le recyclage a fait son chemin et en 2012, le Japon déclare fièrement avoir un taux de recyclage (global) de 20%.

Par ailleurs ils frappent encore plus fort dans un domaine en particulier, celui des cannettes. En effet, depuis les années 70 une association militait pour leur recyclage. Alors que celui-ci n’était pas encore prévu par la loi,  ils ont réussi à convaincre la majorité des municipalités. Ainsi, 99% des municipalités les collectent ! En 2006 le Japon établit un record mondial avec 88% des canettes du pays recyclées. Le Japon ne s’est pas arrêté sur cette victoire, puisque plusieurs lois concernant le recyclage ont été votées, notamment pour les encombrants électroniques, les véhicules, les immeubles en bois, l’asphalte, mais aussi la nourriture !

Petit bémol

Il est certain que le Japon est un champion du recyclage – ce malgré les récalcitrants et les décharges sauvages. Le couac, c’est que le pays ne va pas tout à fait jusqu’au bout de sa philosophie des 3R :

  • Reduce (réduire)
  • Reuse (réutiliser)
  • Recycle (recycler)

Champion du recyclage, le pays pêche cependant avec l’excès du jetable. Honnêtement, ça me désespère (je ne suis pas la seule) car il s’agit aussi de penser aux ressources de la planète. Avant de recycler, pensons à consommer moins. Le Japon c’est donc aussi :

  • les sacs plastiques pour un oui ou pour un non,
  • le suremballage des produits alimentaires et en tout genre
  • les couverts jetables, pailles etc.
  • la publicité papier non contrôlée…

Alors si vous voyagez ou vivez au Japon, pensez à l’option sac de course et couverts réutilisables !

レジ(ぶくろ)()らないです。

Je n’ai pas besoin de sac plastique (réji bukuro wa iranai desu).

(はし)()らないです。

Je n’ai pas besoin de baguettes (o hashi ha iranai desu).

Dans le cas où l’employé sort des couverts ou autre objet jetable dont vous ne voulez pas, vous pouvez simplement secouer la main pour signifier « non » en disant simplement :

()らないです。

Pas besoin (iranai desu).

RELATED POSTS

Partagez vos impressions, idées et expériences avec moi :)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.