À la rencontre des robots du Miraikan

À l’occasion du passage des étudiants de l’école de Design de Nantes Atlantique pour la compétition de Digital Content qui s’est déroulée à Tokyo du 23 octobre au 25 octobre, j’ai pu découvrir l’incroyable musée national des sciences émergentes et de l’innovation, connu sous le nom de Miraikan (le musée du futur). Je vous avais déjà évoqué mon amour pour les musées des sciences au Japon, et celui-ci fut une révélation: au Japon, on fait aimer les sciences et le progrès avec interactivité et installations extraordinaires.

Un musée emblématique du Japon

Situé dans le quartier d’Odaiba, ce musée a été créé par l’Agence japonaise de la science et de la technologie en 2001 avec pour principe fondateur, que la science et la technologie font partie de la culture, plaçant ce musée comme un forum de discussion à propos de leurs rôles dans le futur. Les installations y sont organisées sous 4 thèmes: « l’environnement de la Terre et ses frontières », « la Science de la vie », « l’Innovation et le Futur » et enfin, « La science de l’information et de la technologie pour la société ».

En 1995, « the basic law on Science and Technology » fut votée avec pour but de faire du Japon un leader créatif dans le domaine des nouvelles technologies, à la suite de quoi, en 1996, un programme stratégique fut mis en place. Deux ans plus tard, en 1998, la construction du Parc Académique de Tokyo est lancée, sous l’impulsion des ministères de l’éducation, du commerce international et de l’industrie ainsi que de l’Agence de la Science et de la Technologie. Après 4 années de préparation et de construction, le bâtiment est ouvert au public en juin 2001.

Le logo du musée, un cercle avec plusieurs arcs, symbolise la terre et un satellite, la division d’une cellule, le concept de réseau, ainsi que le mouvement d’un électron. Il rappelle aussi le dome intérieur – une grande salle de cinéma, et suggère la forme même du bâtiment. Symbolisant enfin l’adaptation, le logo change de forme et de couleur selon le media à travers lequel il est représenté.

 

Les attractions majeures

Se promener dans le musée est très agréable, tant l’espace y a été agréablement pensé avec de vastes salles, offrant un bon dosage entre l’information écrite et les activités interactives à portée des petits et des grands.

Un grand escalier en colimaçon permet de passer du niveau 3 au niveau 2 tout en observant le dehors par la très grande baie vitrée ou le fameux globe géo-cosmos, affichant en temps quasi réel les tendances météorologiques mondiales, les températures océaniques ainsi que le couvert végétal.

Au sein du musée, vous trouverez l‘affichage en temps réel des données provenant du réseau de sismographes placés à travers le territoire de l’archipel. Vous pourrez y observer les séismes réguliers secouant le pays, à travers la représentation de leur mouvement. Vous avez aussi accès la base de données de l’activité sismique récente.

Se trouve aussi une carotte de roche indiquant l’évènement d’impact majeur d’un météorite, soupçonné d’avoir mis fin à l’ère des dinosaures.

Dans les attractions phares se comptent le robot Asimo (honda), des androids, un modèle de train Maglev et la reproduction d’une navette spatiale permettant de se faire une petite idée de la vie des astronautes.

Démonstration du robot Asimo

Une visite de la découverte des atomes aux androids

Comme je suis un peu rebelle, et que j’aime les musées vivants, je me suis surtout baladée d’attraction en attraction, sans me soucier particulièrement de « suivre » un programme donné. Et le musée est justement parfait pour enrichir sa culture tout en s’amusant: beaucoup d’exploration (la navette, le train, des installations utilisant caméras et micro), du tactile (la mise en scène d’une table d’opération chirurgicale dans l’espace science de la vie, des maquettes à animer, une section où l’on doit devenir ce que l’on touche …)… Beaucoup d’interactions avec les robots: Asimo fait des démonstrations quotidiennes, tandis que l’on peut découvrir ce que cela fait de converser au travers d’un Android. On y découvre aussi les robots peluches inventés au Japon pour palier au manque de contact des personnes âgées.


Cependant, la section Androids et Robots m’a beaucoup dérangée, malgré un très bon travail d’introduction et des installations amenant à réfléchir sur ce que cela signifie d’être humain, ce qu’est un robot… La science n’est jamais très loin de la philosophie … Je dois l’avouer, dans une guerre robot – humain, je déglingue les boites de conserves, et le film A.I. m’a fait froid dans le dos.

Je me suis en revanche éclatée sur l’installation Anagura, dont j’ai même pris une petite vidéo:

Le musée a beaucoup, beaucoup d’employés (quasiment 2 personnes par installation) plurilingues (la majorité des installations sont de base en Japonais – Anglais), et très accessibles. Ils sont au point sur leur sujet, et sont ravis de pouvoir expliquer, décrire, aider les visiteurs.

Je le conseille à tout le monde, grands comme petits, voyageurs comme les habitants de Tokyo. En note finale, le musée offre de plus une cafétéria pas hors de prix où vous pouvez déguster du poulet Tandoori, ou des gâteaux aux noms spaciaux: le muffin météorite, le space roll cake …


Miraikan – 日本科学未来館

Adresse: 2-3-6 Aomi, Koto-ku, Tokyo 135-0064 / Tel: +81-3-3570-9188(main)
Accès: Tokyo Waterfront New Transit YURIKAMOME et Transit RINKAI LINE
Horaires: 10:00 – 17:00 (fermé le mardi)
Tarifs: Adulte (620 y) – Jusqu’à 18 ans (210y)
Les groupes se voient appliquer des tarifs dès 8 personnes (490 y et 160y).

Le plus: les locaux sont conçus pour ne créer aucun obstacle aux personnes agées, handicapées, les enfants et les femmes enceintes. Il est facile d’accès et réponds aux normes d’accessibilité.

ameliemarieintokyo

Née en 1988, dans la région nantaise, baccalauréat littéraire. Études juridiques: M1 droit économique communautaire et international, M2 Droit Maritime. DUT de Français langue étrangère. Addiction: littérature, journaux, cinéma (Ozu, Kurosawa), voyager.

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5 Comments

  1. Répondre

    Amandine Coyard

    31 octobre 2014

    Minute anecdote : le robot-phoque vient de ma boîte 😉

    • Amélie-Marie

      2 novembre 2014

      Sans blague !? C’est génial ! Je me rappelle les reportages qu’on a eu en France il y a quelques années, sur ce petit robot trognon! Quelle coincidence. J’avais oublié de mentionner que les robots et moi, on étaient pas amis amis (je dois être un peu primitive à craindre les fameux « androids », enfin ceux qui ont une tête d’humains).

    • Amandine

      12 novembre 2014

      Et oui, le monde de la robotique est petit !
      Je n’étais pas très à l’aise non plus mais à force de voir un des robots ne reproduire que des comportements pré-écrit, on finit par se dire qu’on est loin de l’IA…

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